Pourquoi Choupo‐Moting est devenu le chouchou du Parc des Princes

Depuis quelques jours, Eric Maxim Choupo-Moting est devenu le chouchou des supporters parisiens. Le Camerounais doit plus ce nouveau statut à son comportement irréprochable qu’à son efficacité offensive.

Les ovations sont généralement réservées aux plus grands. Aux Verratti, Mbappé et autres joueurs parisiens habitués aux matches étincelants. La prestation d’Eric Maxim Choupo‐Moting contre Nîmes samedi dernier (3–0) était moyenne tout au plus. Cela n’a pas empêché le Camerounais de sortir à la 80e minute sous les applaudissements nourris du Parc des Princes après avoir entendu son nom scandé par les 45 000 supporters présents. « Le soutien du Parc des Princes me touche et je remercie tous les supporters. C’est un très beau geste », a sourit l’attaquant en zone mixte. Arrivé en vilain petit canard du mercato parisien à l’été dernier, Choupo‐Moting n’a pas eu besoin de briller pour devenir la nouvelle coqueluche du Parc.

Le joueur du Paris Saint‐Germain a déjà un chant qui lui est dédié. D’autres l’attendent encore comme Christopher Nkunku, enfant du club et buteur sur ses deux derniers matches, ou Marquinhos, auteurs de prestations XXL en Ligue des champions.

Pourtant Choupo‐Moting, censé être la doublure officielle d’Edinson Cavani, n’a inscrit qu’un seul but avec son nouveau club. C’était il y a plus de cinq mois contre Rennes en Ligue 1. Et s’il reste sur 475 minutes sans marquer ou sans avoir délivré la moindre passe décisive, les supporteurs parisiens ont trouvé d’autres raisons d’aimer l’ancien attaquant de Stoke City. Les voici.

  • Il a un coeur gros comme ça

L’ancien de Stoke City a récemment réalisé un geste qui surpasse n’importe quel retourné aux yeux des supporters parisiens. A la mi‐temps du match contre Montpellier (mercredi 20 février), deux équipes d’enfants se défient lors du traditionnel challenge Orange (tour à tour, un joueur part du milieu de terrain et doit marquer).

Très vite, l’un des jeunes gardiens prend un but un peu ridicule. Des premiers rires descendent des tribunes. Le garçon est petit, légèrement rondouillard et semble souffrir d’un handicap mental. Très vite, le Parc retourne sa veste et supporte pleinement ce jeune gardien qui tente de faire le show. De l’autre côté du terrain, Choupo‐Moting assiste à la scène durant son échauffement. Lors du tour d’honneur des enfants, il offre son maillot au jeune gardien. Le Parc est conquis.

  • Il est important dans le groupe

L’anecdote illustre parfaitement l’image donnée par Choupo‐Moting : « celle d’un mec hyper sympa qui ne crée aucune secousse », détaille Frédéric Scarbonchi, co‐auteur de Supporter, un an d’immersion dans les stades de football français. Le spécialiste, abonné au Parc des Princes dans les années 2000 et au début de l’ère qatarie, poursuit : « Ce mec‐là n’a rien à faire ici, tout le monde en a conscience et pourtant, il ne fait pas de vagues. En conférence de presse, il est toujours souriant. Quand il est dans le groupe, il semble super important. »

Un profil atypique dans ce PSG rempli d’egos, à l’opposé d’un Adrien Rabiot, milieu prometteur désormais conspué par les supporters parisiens suite à ses nombreuses demandes de revalorisation salariale et de transfert.

  •  « Choupo Moting, c’est nous sur le terrain »

Pour Frédéric Scarbonchi, les supporters parisiens s’identifient plus facilement à l’attaquant. D’où leurs marques d’affection. Le côté maladroit du joueur séduit. Les Parisiens chantent à la gloire de Choupo‐Moting un peu comme les supporters nord‐irlandais rendaient hommage à Will Grigg, joueur remplaçant au sein de leur sélection, en le présentant comme un des meilleurs attaquants du monde à l’Euro 2016. « Choupo Moting, c’est nous sur le terrain, plaisante le spécialiste des supporters. On a l’impression que c’est notre pote un peu moins vaillant, moins technique qui est là sur le terrain, au milieu de cette constellation de joueurs. »

  • Les vrais fans défendent les joueurs critiqués

Cet amour du Parc pour le joueur aurait‐il été si fort si ce dernier n’avait pas été la cible de multiples railleries au début de la saison ? Frédéric Scarbonchi en doute. « Ces chants sont aussi une réponse au scepticisme d’autres supporters », assure‐t‐il. Après son transfert, le Camerounais suscite les moqueries aussi bien sur son nom que sur son niveau de jeu. Ses premières occasions ratées avec le PSG n’arrangent pas les choses. « Le Collectif ultras Paris défend l’idée qu’il ne faut pas siffler ni critiquer ses propres joueurs, éclaire l’ancien abonné. Ce soutien est une surenchère pour couvrir les voies dissonantes. » Il ne manque plus que quelques buts à l’attaquant pour que le Parc des Princes chante ses louanges à l’unisson.