L’Union européenne incite Theresa May à demander un report du Brexit

Le Brexit doit en théorie avoir lieu le 29 mars prochain. Mais les voix appelant à un report de la date du retrait britannique de l'Union européenne sont de plus en plus nombreuses. Un délai que seule Theresa May peut demander.

Et s’il ne fallait finalement plus parler du 29 mars ? Alors que cette date est présentée depuis deux ans comme celle de la sortie par le Royaume‐Uni de l’Union européenne, le Brexit pourrait, finalement, être retardé. C’est ce qu’a rappelé, lundi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, estimant qu’un report « serait une solution rationnelle ».

C’est le constat qui ressort de deux jours de discussions entre leaders européens et Theresa May, la Première ministre britannique, à Charm el‐Cheikh, en Égypte, où se tient actuellement le premier sommet des chefs d’États de la Ligue arabe et de l’Union européenne. A l’issue de ces négociations, aucune solution concrète ne semble avoir été trouvée afin de sortir de l’impasse parlementaire britannique.

« Les 27 (pays membres) se montreront extrêmement compréhensifs et coopératifs » si la date du Brexit est décalée, a assuré le Polonais, qui préside depuis 2014 cette institution qui regroupe les dirigeants des États membres. Donald Tusk veut ainsi éviter que la date du 29 mars arrive sans qu’aucun accord n’ait été signé entre le Royaume‐Uni et l’Union européenne.

Un parlement de plus en plus hostile

Le premier accord négocié entre les deux parties avait été recalé par le parlement britannique le 15 janvier. Un échec qui avait poussé Theresa May à tenter un nouveau vote. À Charm el‐Cheick, elle a estimé qu’un nouveau scrutin pourrait se tenir à la Chambre des Lords avant le 12 mars.

Mais les représentants de l’Union européenne doutent de la capacité de la Première ministre britannique à obtenir d’ici deux semaines les faveurs d’un parlement qui lui est de plus en plus hostile. Le principal obstacle à un vote reste la question de la frontière irlandaise, que le Royaume‐Uni veut garder librement ouverte après le Brexit. L’Union européenne propose l’instauration d’un « filet de sécurité », solution rejetée par une majorité de députés britanniques.

Donald Tusk rejoint ainsi le camp, de plus en plus garni, des soutiens à un report du Brexit. En font notamment partie Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour l’Union européenne, et trois ministres britanniques, qui ont plaidé samedi pour cette solution. L’article 50 du traité sur l’Union européenne, qui définit les règles du départ d’un État de l’institution internationale, autorise en effet le chef de l’État en question à demander un délai supplémentaire. Reste donc à Theresa May à demander ce report. Et, donc, à reconnaître l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations.