Sommet au Vatican : peu d’avancées concrètes contre les abus sexuels

Le sommet était inédit. Les victimes en repartent pourtant déçues. Malgré la promesse du pape dimanche d’une « lutte à tous les niveaux » contre la pédophilie, peu de mesures ont été prises dans ce sens.

« Quatre jours de travail pour accoucher d’aussi peu de concret, tout ça pour dire ce qu’on sait déjà depuis vingt ans, c’est quand même assez incroyable », a affirmé le président de l’association « La Parole Libérée », qui rassemble les victimes du prêtre Bernard Preynat, au micro de France Info ce lundi.

Aucun changement législatif, ni plan d’actions au programme. Le pape François a promis de « donner des directives uniformes pour l’Eglise », tout en refusant de se soumettre à la « pression médiatique »

« C’est l’humiliation la plus grande qu’un être humain subit »

Quelques avancées sont malgré tout prévues à court terme. Parmi elles, un vade‐mecum spécifiant les démarches à suivre en cas d’abus sexuel doit sortir d’ici deux mois, une législation pour encadrer la lutte contre d’éventuels cas d’abus sexuels au Vatican est également attendue, comme une ligne téléphonique et un portail web dédiés aux victimes.

Des témoignages forts de victimes, de vive voix ou enregistrés, ont toutefois ponctué les quatre jours de ce sommet. « Quel que soit l’abus, c’est l’humiliation la plus grande qu’un être humain subit », a notamment expliqué un jeune Chilien devant les prélats avant d’entonner un morceau de Bach devant l’assemblée.

Le pape avait réclamé du « concret » lors de ce sommet historique, distribuant une feuille de route en 21 points à l’ensemble des épiscopats. Lors du sommet, il a comparé les abus sexuels sur mineurs à des « sacrifices humains » des rites païens. « Aucun abus ne doit être couvert, comme ce fut le cas par le passé, et sous‐évalué » a‐t‐il déclaré.