Décès de Mark Hollis, chanteur de Talk Talk

L'ex chanteur du groupe britannique star des années 80 Talk Talk est décédé lundi soir à l'âge de 64 ans. La lieu et les circonstances de son décès ne sont pas encore connus.

Né à Londres dans les années 1950, l’icône musicale néo-romantique s’est retirée de la vie publique en 1998, après la séparation de son groupe en 1991, pour se consacrer à sa vie de famille.

Talk Talk a marqué l’industrie musicale avec ses batteries électroniques et ses synthétiseurs multicolores qui rythment en particulier des tubes planétaires en 1984 : It’s my life et Such a shame.

Le groupe publie son second opus en 1986 : The Colour of Spring est un énorme succès commercial. Mais l’étiquette de chanteur pop qu’on affuble à Mark Hollis le vexe dans sa démarche musicale. Il se réfugie alors dans la musique contemporaine, assez expérimentale et compose un nouvel album après plus d’un an de studio, Spirit of Eden, en 1988. Pas assez grand public et commercial aux yeux de sa maison EMI, certains titres de l’album comme I Believe in you durent six minutes, quand la limite conventionnel de diffusion radiophonique à l’époque n’est que de trois minutes. Ce disque mène Mark Hollis et son groupe à une rupture contractuelle avec EMI.

« Musicalement, c’était un génie »

Après cet incident, Paul Webb, son bassiste, démissionne et les autres membres du groupe dont Mark Hollis sont accueillis chez Polydor en 1991.

L’ancien bassiste de Talk Talk  (alias Rustin Man) lui rend hommage sur Facebook, saluant un artiste « qui savait créer de profondes émotions grâce aux sons et à l’espace ». Son ami a tenu à rappeler son talent : « Musicalement c’était un génie »

Chez Polydor, Talk Talk explore des horizons post rock pour son dernier album Laughing stock, qui signe la fin du groupe. Après la séparation, Hollis enregistre un unique album solo plus proche de ses influences musicales d’origine : Ravel, Ligeti, aux sonorités jazz.

Contrairement à de nombreux voyageurs sans bagage de la musique qui abandonnent à la postérité un tube, avant d’être renvoyés à leur anonymat, Mark Hollis a eu le luxe d’arrêter la musique de son propre chef.

Il confiait d’ailleurs en 1998 au magazine néerlandais Music Minded :

“J’ai choisi ma famille. Contrairement à d’autres, je ne peux pas partir en tournée et être un bon père en même temps”.