Edouard Philippe veut « revoir » les indemnisations des « salariés élevés »

Le Premier ministre a annoncé mardi, dans une allocution, que les gros salaires pourraient voir leurs allocations chômage baisser. Réponse « au printemps ».

Les salariés aisés (dits élevés) toucheront‐ils des indemnisations chômage plus faibles ? Edouard Philippe a annoncé mardi qu’une décision serait prise « au printemps ». Le Premier ministre a en effet affirmé qu’il souhaitait « revoir » les règles d’indemnisation de l’assurance chômage pour les personnes touchant un « salaire élevé ». S’ensuivra la publication d’un décret « pendant l’été », a‐t‐il ajouté.

La semaine dernière, les négociations entre les partenaires sociaux n’avaient pas abouti. La lettre de cadrage envoyée par le gouvernement semblait difficilement tenable avec des objectifs d’économie de 4 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat, ou encore la création d’un bonus‐malus pour les entreprises, auquel les syndicats ne sont pas favorables. Face à l’échec de ces négociations, le gouvernement d’Edouard Philippe avait alors annoncé qu’il reprendrait la main sur la question de l’assurance chômage.

Ce mardi matin, le Premier ministre a donc fait part d’une volonté de réformer les indemnisations chômage des salariés élevés car ceux‐ci seraient plus à même de retrouver un emploi facilement. Les syndicats étant opposés à une telle mesure, Edouard Philippe a néanmoins déclaré qu’il fallait « revoir notre système qui permet d’obtenir des niveaux d’indemnisation, pour des salaires élevés, trois fois supérieurs à ce qui se passe chez nos voisins ».

Le bonus‐malus ? « Personne n’a proposé de meilleure solution », selon Edouard Philippe

Selon les chiffres du ministère de l’Economie, en 2018, 70 % des CDD duraient moins d’un mois. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, veut empêcher au maximum les entreprises d’abuser de ces contrats courts. Pour ce faire, le Premier ministre a, dans son allocution, une nouvelle fois évoqué la mise en place d’un bonus‐malus. « Personne ne nous a proposé à ce stade une meilleure solution » que le bonus‐malus, a‐t‐il précisé. Celui‐ci consisterait à moduler les cotisations des entreprises en fonction des ruptures de contrats pour les personnes s’inscrivant par la suite à Pôle emploi. Pour simplifier, les employeurs utilisant beaucoup de CDD courts paieront davantage que les sociétés favorisant les emplois stables.

La ministre du Travail, qui rencontrera les organisations syndicales et patronales représentatives « dans les jours qui viennent », a également précisé qu’elle souhaite réformer Pôle emploi sans donner plus de détails. Et une nationalistion de l’Unedic serait également sur la table, bien que cette proposition demeure peu probable au vu des rapports actuels quelque peu tendus entre le gouvernement et les syndicats.