Facebook supprime la page d’un leader de l’extrême-droite britannique

Le réseau social Facebook a annoncé mardi que la page de Tommy Robinson, une figure de l'extrême-droite britannique, allait être clôturée. Des messages à caractère haineux y avaient été proférés.

« Il s’agit d’une attaque contre la liberté d’expression dans le monde. » Telle fut la réaction de Stephen Yaxley‐Lennon, alias Tommy Robinson, à la vue de la fermeture de sa page Facebook et de son compte Instagram par la firme américaine. Figure de l’extrême-droite britannique, le fondateur de l’English Defence League (EDL), un petit groupe en lutte contre la menace islamiste, est accusé par Facebook d’avoir « régulièrement violé » ses règles en relayant des messages de haine sur le réseau social.

Tommy Robinson s’est défendu auprès de l’agence de presse britannique PA (Press Association) en expliquant que Facebook avait sanctionné la parution de son documentaire Panadrama. Selon lui, celui‐ci « montre comment l’establishment travaille avec les médias pour me faire tomber et me détruire. »

En mai 2018, l’activiste d’ultra-droite avait été condamné à treize mois de prison après la diffusion d’images d’un procès criminel dont il n’avait pas les droits. Libéré sous caution en juin, il est aujourd’hui toujours en attente de son procès en appel. Quant à sa carrière politique, Tommy Robinson est, depuis novembre dernier, le conseiller spécial de Gerard Batten, le leader de Ukip, un parti europhobe britannique.

Pas une première en Grande‐Bretagne, ni en France

Déjà, en mars 2018, la page d’extrême-droite Britain First avait été clôturée par le réseau social. Facebook avait également fermé les pages des deux leaders du parti, Jayda Fransen et Paul Golding. Ceux‐ci avaient été condamnés par un tribunal britannique à 36 semaines d’emprisonnement pour harcèlement à connotation religieuse pour la première, et 18 semaines de prison pour le second. Ces condamnations font suite à des vidéos et des tracts relayés par les deux activistes après la condamnation pour viol de trois musulmans en mai 2017.

Mais la haine sur les réseaux n’est pas présente sur le seul territoire britannique puisqu’en France, c’est la page Facebook du groupe d’extrême droite Génération identitaire qui a fait les frais de ses publications en mai 2018. Le groupe d’extrême-droite avait fait l’objet de nombreux signalements d’utilisateurs pour des propos incitant à la haine.