François Ruffin lance son micro parti Picardie Debout !

François Ruffin serait‐il sur le point de quitter La France insoumise ? Le 22 février, La Lettre A, publication numérique quotidienne consacrée aux actualités politiques, révélait que le député de la Somme avait créé son propre micro‐parti politique « Picardie Debout ! », nom de son mouvement lancé en 2017, pour les législatives. Selon CheckNews, François Ruffin a déposé le 12 février dernier deux associations au nom de Picardie Debout ! au Journal officiel.

Officiellement, Picardie Debout ! , vise à « favoriser les réflexions philosophiques, économiques, sociales et politiques localement, nationalement et internationalement ; contribuer à l’élaboration, la communication et la mise en discussion publique des idées de ses membres (…) faire vivre la démocratie par tous moyens : organisation de soirées, débats, conférences, mais également publications ou présentation de candidats à toutes élections ». À cela s’ajoute une autre association du même nom, visant à financer le micro‐parti. 

Contactée par Libération, l’équipe du député La France insoumise explique avoir voulu se doter d’un simple « cadre juridique ». Son principal avantage est qu’il offre à « une personnalité un minimum d’autonomie financière », stature qu’il n’a pas « au sein d’un grand parti », ajoute Franceinfo.

Un électron libre

Dans son livre réquisitoire contre Emmanuel Macron, Ce pays que tu ne connais pas (ed. Les arènes), publié le 20 février, François Ruffin se revendique comme un « électron libre » au sein des troupes LFI. « Cette épithète me paraît juste. J’appartiens à un groupe parlementaire, mais, il faut l’avouer, je suis à la fois ici et ailleurs, je fais un peu bande à part », écrit‐il. Autre démarche solitaire : la sortie de son film « J’veux du soleil » sur le mouvement des « gilets jaunes », en salle le 3 avril. 

Autant de projets qui contrastent avec la position délicate du leader de la France Insoumise, Jean‐Luc Mélenchon, après les perquisitions dont son mouvement et lui‐même ont été l’objet. Le député Alexis Corbière affirme pourtant que « Jean‐Luc continue à être au premier rang, le moment de la confrontation et de la rivalité n’est pas ouvert, je souhaite surtout qu’il ne soit jamais ouvert et que si un jour il fallait se poser la question de qui fait quoi à quel poste, on le fasse collectivement. »