Quelles sont les favorites de la Coupe du monde féminine ?

La France se prépare à accueillir la Coupe du monde féminine dans cent jours. Quatre équipes se démarquent dans la course à l'étoile.

J‐100. Dans un peu plus de trois mois débutera la Coupe du monde féminine de football en France. « On compte vraiment beaucoup sur cette Coupe du monde pour marquer l’histoire du football féminin. Ça doit être un tournant », souhaitait Gianni Infantino sur franceinfo en septembre dernier. Pour l’instant, le président de la FIFA a de quoi se réjouir. 500 000 billets ont été vendus jusque‐là sur 1,3 million de places disponibles, soit plus d’un tiers. Petit tour d’horizon des équipes qui devraient faire vibrer tous ces spectateurs.

L’équipe à domicile : la France

Une génération talentueuse, mais pas encore l’ombre d’une médaille. Quatrième à la Coupe du monde allemande en 2011, idem aux Jeux olympiques de 2012, quart de finaliste au Canada en 2015, l’équipe de France féminine rêve de monter sur le podium d’une compétition internationale. Cette fois, les femmes de Corinne Diacre pourront compter sur le soutien de leur public, selon Marlène Bouedec. Cette ancienne commerciale a pris la direction de la section féminine de l’En Avant Guingamp il y a huit ans. Elle voit l’équipe de France comme la potentielle « bonne surprise » du tournoi, même si elle n’ose pas s’avancer jusqu’à la désigner favorite. « Avec les matches amicaux, elles sillonnent toute la France et à chaque fois, elles jouent dans des stades à guichets fermés, s’enthousiasme-t-elle. Il y a un réel engouement. Ça va les porter, c’est indéniable. »

Les tenantes du titre : les Etats‐Unis

On peut pratiquer le soccer et être les reines du football. « Elles feront automatiquement partie des favorites », prévient Marlène Bouedec, en rappelant que les Bleues les ont battues récemment (3–1). Avec trois Coupes du monde et quatre titres olympiques, l’équipe féminine des Etats‐Unis possède le palmarès le plus fourni. Depuis la première Coupe du monde féminine de l’histoire en 1991, la pire désillusion de la sélection reste une troisième place. Des performances qui permettent aux Américaines d’occuper la première place du classement FIFA depuis dix ans (à l’exception de 2014, où elles étaient deuxièmes derrière l’Allemagne). Quand on peut compter sur Carli Lloyd, désignée meilleure footballeuse en 2015, Megan Rapinoe ou Alex Morgan (557 sélections et 241 buts à elles trois), ça aide forcément.

L’équipe dont il faut se méfier : le Japon

Les Japonaises se sont fait un nom en 2011. Après avoir sorti l’hôte allemand de la Coupe du monde en quarts de finale, la sélection nipponne terrasse l’ogre américain aux tirs au but en finale. Si elles ne parviennent plus à faire tomber les coéquipières de Carli Lloyd aux JO de 2012 et à la Coupe du monde de 2015, elles se hissent tout de même les deux fois en finale. Cet été, les Japonaises seront emmenés par Saki Kumagai que les Françaises connaissent bien. La capitaine nipponne joue depuis 5 ans à l’Olympique lyonnais, club avec lequel elle a gagné 3 Ligues des champions, 5 titres de champion de France et 4 Coupe de France. « Les Bleues seront archi‐motivées à l’idée de batailler contre ces grosses nations », annonce la manager de Guingamp. Début de réponse le 4 avril à Auxerre, où les Françaises affronteront les Japonaises en match amical.

La deuxième nation mondiale : l’Allemagne

Vainqueure des éditions 2003 et 2007, l’Allemagne a un peu perdu de sa superbe ces dernières années dans la compétition. Cela n’a pas empêché les Allemandes d’être titrées aux Jeux Olympiques 2016 de Rio. Elles ont aussi été les seules capables de mettre fin à la suprématie des Américaines en les détrônant du classement Fifa en 2014. La Mannschaft a surtout brillé en Europe. Elle remporte huit des onze championnats d’Europe et ne laisse aucune miette à ses adversaires de 1995 à 2013 avec six victoires consécutives. Les Allemandes sont d’ailleurs le prochain test des Bleues (jeudi, à 21 heures, à Laval). « Il y a eu un changement de sélectionneure, mais les joueuses sont les mêmes. L’Allemagne, ça reste l’Allemagne », a martelé Corinne Diacre, la sélectionneure de l’équipe de France, en conférence de presse.

La Française qui pourrait vous donner des frissons : Marie‐Antoinette Katoto

Qualifiée d’étoile montante du Paris Saint‐Germain, la native de Colombes était attendue pour la Coupe du monde des moins de 20 ans en France l’été dernier. Au bout du compte : aucun but marqué. Marlène Bouedec évoque le « manque de maturité, de confiance en soi » pour expliquer ce rendez‐vous manqué. « La Coupe du monde la saison passée doit lui servir de référence, analyse‐t‐elle. C’est une compétitrice. Ça peut la motiver davantage. » Le 19 janvier dernier, Marie‐Antoinette Katoto rentrait à la 70e minute et assommait les Etats‐Unis en inscrivant le troisième but des Bleus. Les supporters français ne lui en demanderont pas plus dans cent jours.