Venezuela : Maduro s’attaque à des journalistes hispano‐américains

L'équipe de la chaîne télévisée Univision a tenté de confronter le président au sujet de la crise vénézuelienne, images choc à l'appui.

Depuis quelques jours, au palais de Miraflores, des dizaines d’équipes de télévisions internationales défilent pour des tête‐ à‐têtes réglés comme du papier à musique avec Maduro, le président vénézuélien. Un changement de stratégie de communication du régime chaviste qui tente de renverser une opinion de plus en plus favorable au contre‐président, Juan Guaidó.

Lundi, Univision était donc invitée à se présenter au palais présidentiel. Pendant dix‐sept minutes, Jorge Ramos, le présentateur de la chaîne enchaîne les questions embarrassantes sur les arrestations politiques, les manifestants tués à balles réelles, la crise économique et sanitaire… Mais d’après le récit qu’en a fait le journaliste star, c’est au moment de montrer des images tournées la veille dans les rues de Caracas, la capitale vénézuélienne que le successeur d’Hugo Chávez a brusquement quitté le salon où se déroulait l’entretien.

Dans cette vidéo devenue virale, un groupe de jeunes hommes, dont un adolescent, trient et mangent des ordures à même un camion de poubelles. L’un d’entre-eux interpelle directement le président vénézuélien : « J’ai 26 ans et pour la 1ère fois de ma vie, avec ce président, je mange dans les poubelles. Pour la 1ère fois de ma vie. Je m’appelle Jesus, vous pouvez l’envoyer sur Youtube, ou où que ce soit, mais on ne peut pas continuer comme ça, c’est impossible de continuer comme ça. »

Avant de poursuivre, « Maduro, rappelle‐toi que le Venezuela est un beau pays et que nous sommes tous vénézuéliens. Président, excusez‐moi, mais comme président tu ne vaux rien. » C’est la mise en ligne de ces images qui aurait énervé le président vénézuélien. En effet, si le régime laisse une certaine liberté à la presse écrite, peu lue, la télévision et les vidéos sont strictement contrôlées.

L’équipe d’Univision a dû remettre son matériel de tournage et ses objets personnels (téléphones, sac à dos…) avant d’être enfermée dans le noir. Ils ont finalement été libérés quelques heures plus tard avant d’être reconduits à leur hôtel, sans avoir pu récupérer ni leur caméra ni les images tournées. « Notre travail a été volé », estime Jorge Ramos à l’antenne d’Univision, après avoir été relâché.

Ces dernières semaines, plusieurs journalistes étrangers ont été arrêtés au Venezuela. Deux reporters de l’émission française Quotidien avaient été détenus pendant deux jours par les forces de l’ordre vénézuéliennes fin janvier.