Le bénéfice net de la SNCF divisé par 10 en 2018

La grève n’aura pas été sans frais pour la SNCF. L’entreprise ferroviaire a annoncé aujourd’hui un résultat très en dessous de ses moyennes : 141 millions d’euros de bénéfice net pour l’année 2018. Il était de 1,5 milliard en 2017.

La société a enregistré un manque à gagner de 890 millions d’euros suite à la grève organisée contre la réforme ferroviaire. Une grève perlée qui s’est étalée sur 39 jours, deux jours sur cinq, entre avril et juin 2018.

La réévaluation de la valeur des TGV a également joué dans la baisse : la dotation aux amortissements, c’est-à-dire l’évaluation de la détérioration des trains, a impliqué une diminution du résultat.

Cette baisse ne dissuade pas l’entreprise d’investir : elle devrait dépenser 10 milliards d’euros pour la première fois en 2019, après avoir investis 8,9 milliards d’euros en 2018.

Des résultats en hausse en 2019

La direction de la SNCF atténue par ailleurs la diminution du résultat en soulignant un « fort rebond et des résultats en progression par rapport à 2017 » au second semestre. Le PDG de la SNCF Guillaume Pepy livrait déjà un constat en hausse de la fréquentation des trains, sur BFM TV mardi dernier : « A partir d’août, le trafic a recommencé à augmenter et particulièrement sur les TER ».

Les trains régionaux font l’objet d’un programme de reconquête des clients de proximité, intitulé Cap TER 2020. La compagnie ferroviaire en a présenté il y a deux semaines la deuxième partie. Le but est double. D’abord, il s’agit d’augmenter la fréquentation des lignes régionales de 20% d’ici 2025. Mais cela permet aussi d’améliorer l’image de l’entreprise, accusée de négliger les liaisons avec les zones rurales ou éloignées des métropoles. Concernant la grève, Guillaume Pepy estimait par ailleurs lors de son intervention sur BFM que « les voyageurs ne [leur] en ont pas voulu ».