Reuters supprime 30 % de ses effectifs en France

Même les agences de presse dégraissent. Alors que la presse vit une période compliquée, marquée par les fermetures de Vraiment, Ebdo, Buzzfeed News ou encore Explicite, toutes en moins d’un an, Reuters a annoncé, jeudi, la suppression de 30 % de ses effectifs en France. Pour l’agence de presse britannique, c’est une nouvelle étape dans un vaste plan de réorganisation, après l’annonce de suppressions de postes en Italie, en Allemagne, au Royaume‐Uni, et la fusion des bureaux portugais et espagnol.

Avec l’Agence France Presse (AFP) et Associated Press, Reuters est l’une des trois grandes agences de presse mondiales, fournissant à leurs clients, des médias pour la plupart, des informations venant des quatre coins du globe. Mais l’agence, qui emploie 2 500 journalistes, a annoncé sa volonté de réduire son réseau : implantée dans 200 villes aujourd’hui, elle veut n’être présente que dans 133 en 2021.

En France, cette réduction d’effectif passerait par un départ à la retraite, 25 départs volontaires, seulement compensés par quatre créations de postes. «On est très inquiet, l’ambiance dans la rédaction est à l’abattement. On ne s’attendait pas à ça, a réagi un délégué syndical auprès de l’AFP. On va nous remplacer par des robots et des logiciels de traduction. ».

Reuters n’est pas la seule agence de presse en difficulté. L’an passé, l’AFP avait annoncé un « plan de transformation », lequel doit passer par la suppression de 95 postes sur cinq ans.