Trois avocats portent plainte contre la France à l’ONU pour les enfants retenus au Kurdistan Syrien

« Quelle histoire sommes‐nous en train de créer pour ces gosses ? Ils sont innocents, ce sont les premières victimes de guerre ». L’avocate française Marie Dosé, et ses deux confrères Martin Pradel et William Bourdon ont décidé de déposer une plainte auprès du Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Une plainte qui vise l’État français pour son inaction concernant les enfants français retenus au Kurdistan syrien.

Des dizaines d’enfants français sont retenus là‐bas dans des camps, parfois depuis plus d’un an. Depuis la chute du dernier territoire de l’État islamique, il y a quelques jours à Baghouz, les arrivées sont plus nombreuses. « Les enfants sont en train de mourir de faim, de soif, ils sont malades, certains sont orphelins, ils sont sur un terrain de guerre dans des conditions sanitaires effroyables », dénonce Marie Dosé au micro de France Inter, « ils n’ont pas demandé à partir là‐bas ».

Selon les trois avocats, l’Etat français est responsable de ces enfants, et doit se préoccuper de leur sort. Ils rappellent que la France est signataire de la Convention de New York, qui protège les droits de l’enfants. Selon l’article 6 du Protocole numéro 3 de cette Convention, le Comité des droits de l’enfant peut « soumettre à l’urgente attention de l’État une demande» pour les « mesures provisoires nécessaires dans des circonstances exceptionnelles pour éviter qu’un préjudice irréparable ne soit causé à la victime ».

« Je suis outrée de voir qu’Emmanuel Macron, aux côtés du président irakien, donne priorité à la livraison de treize djihadistes à la justice irakienne, mais n’a pas un seul mot pour évoquer le sort de ces enfants », s’insurge Marie Dosé, qui espère un rapatriement urgent de ces enfants. Rapatriement auquel les autorités françaises disent réfléchir depuis plusieurs semaines.