Kamel Daoud : « Les Algériens n’ont plus peur »

Interrogé sur RTL, le journaliste et écrivain algérien a dénoncé « l’insolence » du régime en place qui terrorise la population.

« Le mur de la peur a été cassé ». Au micro de RTL ce vendredi matin, Kamel Daoud s’est réjoui des manifestations dans les rues d’Algérie. Des réactions suscitées après l’annonce d’un cinquième mandat brigué par Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. « Le principal changement : les gens n’ont plus peur », a estimé l’auteur de Meursault, contre‐enquête.

L’intellectuel a surtout pointé du doigt « l’insolence » du régime algérien et a dénoncé un « chantage à la guerre civile ». « Il y a une volonté évidente de terroriser les Algériens avec ces provocations du régime », a clamé Kamel Daoud. A l’inverse, il a loué les manifestations « calmes, ordonnées et pacifiques » en réponse au pouvoir en place.

« C’est vraiment à partir du quatrième mandat que les gens ont eu ce sentiment d’humiliation », critique‐t‐il, en estimant que le gouvernement présente « une photo plutôt qu’un candidat, qui est presque mort. » D’un point de vue personnel, l’auteur reconnaît ne plus admettre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika depuis son deuxième mandat. Il ajoute que cette « gérontocratie qui se décline à tous les niveaux », qui fait face à une population majoritairement jeune, est la cause principale de la tension dans le pays.

Abdelaziz Bouteflika, lui, est soigné dans un hôpital de Genève selon les dernières informations. Il devrait normalement rentrer en Algérie avant le 3 mars pour déposer son dossier de candidature aux élections.