Grand débat : Édouard Philippe veut «mettre fin à l’exaspération fiscale»

Après le bilan du grand débat, hier, l'exécutif pose cette après-midi ses «enjeux» devant les députés.

«Le courage ne doit pas être le grand flou.» Le Premier ministre, Édouard Philippe, joue l’équilibriste devant l’Assemblée nationale, ce mardi, en présentant les conclusions de l’exécutif après le Grand débat. Un exercice qui semble voué à répéter les éléments de langage de la majorité, en attendant les propositions concrètes du président de la République, prévues la semaine prochaine.

Les équipes de la Newsroom sont sur place pour vous livrer en live les temps forts de l’allocution.

Après le discours du Premier ministre, les présidents des groupes et un député non‐inscrit réagiront ensuite à la tribune pendant près de quatre heures. Édouard Philippe répondra mais aucun vote ne viendra clore les débats.

Lors de son intervention au Grand Palais lundi, le Premier ministre a évoqué les grands axes de réforme suite à la grande consultation, des axes qu’il a représenté quasiment mot pour mot devant les députés.

Pour le chef du gouvernement, le plus urgent est de «mettre fin à l’exaspération fiscale». Autre revendication soulignée par Édouard Philippe, «nous devons réconcilier les métropoles avec leurs territoires proches» pour répondre «à une exigence de fraternité et de proximité». En matière d’environnement, il note que «les Français nous ont dit qu’ils étaient prêts à changer de comportement, mais qu’ils ne voulaient pas choisir entre la fin du mois et la fin du monde». Aucune précision n’a toutefois été donnée sur les modalités de mise en application de ces grands axes.

De leur côté, les adversaires politiques du gouvernement ont questionné l’utilité de ce discours : «Le Premier ministre nous dit que c’est le président qui va donner les grandes orientations. A partir de là, le débat à l’Assemblée me paraît un peu inutile», affirme Jean‐Christophe Lagarde, président du groupe UDI‐Agir, évoquant «un feuilleton un peu répétitif».

Après le bilan des consultations exposé lundi par Édouard Philippe, Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains, a attaqué avec véhémence les conclusions du chef du gouvernement, ne les jugeant «pas à la hauteur», sans «éléments concrets de direction».

Le porte‐parole du Parti socialiste Boris Vallaud est tout aussi sévère : «Il n’y a pour l’instant pas grand‐chose à en dire car l’essentiel ce sont les réponses.» Sébastien Jumel (PCF), quant à lui, a «l’impression que le gouvernement ne tire du Grand débat que ce qui l’arrange».

En résumé, l’opposition s’accorde unanimement sur le même discours : «Tout ça pour ça!» Une position qui choque Sébastien Lecornu, coanimateur de la consultation : «C’est une forme de mépris», a‐t‐il déclaré au micro de France Inter. «On ne balaie pas ce que 1,5 million de Français ont dit», a répondu mardi le ministre chargé des Collectivités territoriales.

Édouard Philippe a aussi annoncé que «le président de la République fixera le cap et annoncera l’ouverture de grands chantiers».