Brexit : Theresa May en visite express à Paris

Theresa May était à l'Élysée mardi soir pour discuter avec Emmanuel Macron d'un éventuel report du Brexit.

La Première ministre britannique a rencontré Emmanuel Macron au Palais de l’Élysée hier soir pour tenter de le convaincre d’accepter de reporter la sortie de la Grande‐Bretagne de l’Union européenne. La date du Brexit — initialement prévu pour le 29 mars — a déjà été repoussée au 12 avril. Elle est arrivée à 18 heures après s’être rendue à Berlin où elle a d’abord plaidé sa cause auprès d’Angela Merkel.

La visite a été rapide, puisqu’elle a quitté le Palais présidentiel aux alentours de 19h30. Emmanuel Macron n’a fait aucune déclaration après cet entretien mais il semblait, avant la rencontre, être en faveur d’une sortie rapide. Hier encore l’Élysée déclarait qu’un «report d’un an [paraissait] trop long». La chancelière allemande s’est montrée, elle, plus compréhensive envers son homologue britannique en annonçant qu’un report de plusieurs mois était possible, jusqu’à 2020. «L’Union européenne ne veut pas pousser les Britanniques vers un Brexit désordonné, a t‐elle déclaré devant les membres de son parti du CDU. Il est dans l’intérêt de l’Europe de continuer à entretenir de bonnes relations avec la Grande‐Bretagne

Une situation qui ressemble à la première visite de la Première ministre britannique à Paris pour parler des modalités du Brexit, il y a trois ans. Le 21 juillet 2016, Theresa May venait de prendre ses fonctions, un mois après le référendum quand elle est venue à l’Élysée pour rencontrer François Hollande, président à l’époque.

Tout comme ce mardi 9 avril, Madame May était arrivée à Paris à la suite d’un entretien avec Angela Merkel. Le but de sa visite était de commencer à discuter des modalités de sortie, et déjà à l’époque les chefs d’États parlaient délais. Elle n’avait alors pas encore invoqué l’article 50 du traité de Lisbonne qui déclenche la procédure du divorce. Et à ce moment là déjà, les dirigeants allemand et français n’avaient pas fait preuve de la même souplesse. Alors que François Hollande l’avait incitée à notifier le plus rapidement possible son intention de quitter l’Europe, Angela Merkel s’était montrée plus clémente en laissant à Theresa May plusieurs mois avant de démarrer les négociations du divorce.

La cheffe d’État britannique avait finalement déclenché l’article 50 le 29 mars 2017 prévoyant la sortie de la Grande Bretagne deux ans plus tard, le 29 mars 2019. Après avoir une première fois reporté la sortie au 12 avril, ce vendredi, elle demande un délai supplémentaire le temps de convaincre les parlementaires britanniques d’adopter l’accord négocié avec l’Union européenne. Ce soir, elle rencontrera les 27 lors d’un sommet à Bruxelles pour discuter de cet éventuel nouveau report.