Commerces saccagés : «On a senti beaucoup de soutien de la part de l’État»

Depuis le 20 mars et jusqu’au 20 juin 2019, les commerçants ayant subi des dégradations liées aux manifestations des Gilets jaunes peuvent déposer une demande pour bénéficier d’un fonds de soutien régional. Une aide précieuse pour nombre d’entre eux.

Jean Saberny, artisan coiffeur, possède un salon avenue Marceau, dans le très chic VIIIe arrondissement, à quelques rues des Champs‐Elysées. Le 8 décembre 2018, lors de l’acte IV des manifestations des Gilets jaunes, il a retrouvé son salon «saccagé» par des casseurs. Depuis, il entreprend des démarches pour se faire rembourser le prix des réparations et compenser ses pertes de chiffre d’affaires.

Depuis le 20 mars et pendant trois mois, les commerçants et artisans de Paris peuvent déposer une demande pour bénéficier du fonds de soutien régional pour les commerces dégradés suite aux manifestations des Gilets jaunes. Une aide précieuse qui prend le relai des assurances.

Les aides sont accordées sous forme de subventions d’équipement à chaque commerçant et artisan concerné. La somme sera comprise entre 1000 et 7000 euros. Les dossiers doivent être déposés auprès de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île‐de‐France et de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat d’Île-de-France.

Le fonds d’1,5 million d’euros est financé à hauteur d’un million par la région Île‐de‐France, et de 500 000 euros par la ville de Paris.

À l’origine, un dispositif mis en place depuis le 26 novembre 2018 permettait des reports d’impôts, voire des exonérations d’impôts pour les commerçants les plus touchés. Cette mesure devait permettre d’amortir les pertes de chiffre d’affaires. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, le 15 mars, 7896 entreprises étaient concernées par ces délais de paiement et ces reports de charges sociales, et 1628 par des mesures de délais de paiement et de reports de charges fiscales. Le ministère évoquait «un décollage» du nombre de ces demandes.

La secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier‐Runacher exhortait une nouvelle fois mardi dernier les commerçants et artisans affectés à se manifester auprès des autorités.

«Il ne faut pas hésiter à aller chercher de l’aide», a‐t‐elle déclaré lors d’un point‐presse, même si «ce n’est pas naturel pour un commerçant d’appeler à l’aide, encore moins d’appeler le fisc pour lui demander une remise de ses impôts».

Le 19 mars dernier, la Fédération française de l’assurance (FFA) estimait les dégâts liés aux manifestations des Gilets jaunes en France à 200 millions d’euros.