Alain Soral condamné à un an de prison ferme

Alain Soral est condamné à un an de prison ferme avec mandat d'arrêt pour contestation de l'existence de la Shoah.

Alain Soral est une nouvelle fois condamné. Jugé pour contestation de l’existence de la Shoah, l’essayiste écope d’un an de prison ferme avec mandat d’arrêt. Le parquet avait de son côté requis six mois de prison ferme. Son avocat Damien Viguier, également jugé, est pour sa part condamné à 5 000 euros d’amende.

Chargé de leur défense, Maître Guillot s’est insurgé contre la décision du tribunal. «La défense est mise à mal par cette atmosphère totalitaire», a‐t‐il estimé. Les deux intéressés n’étaient pas présents lors de l’audience. À 60 ans, Alain Bonnet — dit Soral — a déjà été plusieurs fois condamné pour provocation à la haine raciale. Tous deux devront verser un euro symbolique de dommages et intérêts à quatre associations antiracistes parties civiles, ainsi que 1 500 euros au titre des frais de justice, solidairement, à chacune d’entre elles. Maître Guillot a immédiatement annoncé sa volonté d’interjeter un appel.

Tout est parti d’une affaire remontant à avril 2016. Égalité & Réconciliation, le site d’Alain Soral, parodie la Une de Charlie Hebdo sur le chanteur Stromae et les attentats de Bruxelles. Charlie Chaplin devant le drapeau d’Israël est caricaturé, avec écrit dans une bulle « Shoah où t’es ? », à la place du « Papa où t’es ? » du chanteur belge. Une chaussure, un savon ou encore une perruque sont également dessinés.

En mars 2017, l’essayiste d’extrême-droite avait été condamné à trois mois de prison ferme pour contestation de crime contre l’humanité et injure raciale par le tribunal correctionnel de Paris. En mars 2018, Alain Soral a définitivement été condamné à une peine de 10 000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non‐paiement.

Son avocat, Damien Viguier, avait alors défendu la caricature, notamment la perruque, arguant que « la coupe des cheveux se pratique dans tous les lieux de concentration et s’explique par l’hygiène», sur le même site, dont la présidence est assurée par Alain Soral. Citant le négationniste Robert Faurisson, Damien Viguier, un avocat controversé et intervenant régulier du site, a prétendu que les savons faits à partir de graisse humaine par les nazis n’étaient que «propagande de guerre».

Plusieurs associations dont la LICRA, le MRAP, ou encore l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) avaient signalé ces propos au parquet. L’avocat représentant ces associations a salué la décision du tribunal, arguant que la « justice [prenait] enfin la mesure de la dangerosité de Soral».