Disneyland Paris se donne une image plus verte

Disneyland Paris a annoncé ce mardi plusieurs mesures visant à diminuer l’impact environnemental du parc d’attraction. Mais ces efforts relèvent aussi de la stratégie marketing.

Fini les pailles en plastique distribuées avec les boissons et les sacs en plastique dans ses boutiques… Disneyland Paris a fait le plein de mesures visant à réduire son impact environnemental. Celui‐ci est massif. Avec 16 000 salariés et 15 millions de visiteurs par an, le parc d’attraction fonctionne «comme une ville» selon Nicole Ouimet‐Herter, manager en charge de l’environnement à Disneyland Paris, qui s’est confiée à l’AFP. «Comme une ville», Disneyland Paris l’est également au niveau de ses poubelles : le site a produit 19 000 tonnes de déchets en 2018.

Le groupe défend une stratégie tournée vers le développement durable depuis plusieurs années. Dès 2009, Disney annonçait son objectif de zéro émissions de gaz à effet de serre. On n’en est pas encore là, mais plusieurs annonces ont été faites ce lundi pour le parc francilien de la multinationale.

«Un peu trop tard»

Dès jeudi, plus de pailles en plastique : elles seront désormais 100% biodégradables, et distribuées uniquement à la demande du client. Idem pour les sacs des multiples boutiques du parc. Aujourd’hui en plastique et donnés systématiquement, ils seront dès la semaine prochaine «à 80% biodégradables» et vendus «un ou deux euros». Une autre mesure touchera «plusieurs» hôtels du groupe en juin. Fini les produits miniatures dans leurs salles de bain, ceux‐ci laisseront place à des bouteilles «rechargeables» pour le gel douche et le shampooing afin de limiter le gaspillage.

«On fait des actions concrètes pour réduire notre impact sur l’environnement», défend Mireille Smeets, directrice RSE chez Euro Disney. Au niveau mondial, les mesures concernent en effet 175 millions de pailles et 13 millions de touillettes par an. Mais pour Gérard Eripret, responsable de la Seine‐et‐Marne au sein de l’association Les amis de la terre, la décision «arrive un peu trop tard».

Greenwashing au pays de Mickey

L’initiative de Disneyland Paris suit de peu le vote par le Parlement européen de l’interdiction des plastiques à usage unique — comme les pailles distribuées au royaume de Mickey — d’ici au printemps 2021. Les sacs plastiques gratuits ont, eux, disparu depuis 2016 des caisses des supermarchés suite à l’interdiction des sacs plastiques à usage unique. Le parc d’attraction n’est donc pas spécialement novateur en matière d’initiative durable.

Disneyland Paris serait à la limite du greenwashing (ou «éco‐blanchiment»), cette stratégie marketing visant à donner une image verte à des entreprises. Dans un rapport anti‐greenwashing, L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) cite comme «signe qui ne trompe pas […] les actions menées par une entreprise […]  vantées comme […] innovantes, alors que la loi oblige toutes les entreprises à mener de telles actions».
Pour Gérard Eripret, les mesures annoncées par le parc d’attraction sont «des broutilles», à l’heure où «tout le monde est obligé de s’y mettre». Le responsable de l’association Les amis de la terre déplore de plus l’implantation du groupe en Seine et Marne «sur des grandes surfaces de terres agricoles, qui a détruit des terres fertiles». La multinationale et ses multiples parcs à thèmes ont encore des efforts à faire pour vivre selon les mots de son fondateur. Walt Disney affirmait que «la préservation [de l’environnement] est une affaire qui nous concerne tous».