La mairie de Paris dévoile son plan pour le nord‐est de la capitale

Anne Hidalgo lance ce lundi un plan d'action pour «lutter contre les nuisances» dans les quartiers du nord-est de la capitale.

Chargé en novembre dernier par Anne Hidalgo d’une mission sur les quartiers populaires de la ville de Paris, le premier adjoint (PS) Emmanuel Grégoire a dévoilé ce lundi une série de mesures pour améliorer la vie quotidienne des Parisiens. Huit arrondissements du nord‐est de la capitale sont concernés (Xe, XIe, XIIIe, XIVe, XVIIe, XVIIIe, XIXe, XXe). «Depuis 2015, ces quartiers ont été confrontés à des crises à répétition : les réfugiés, le retour du crack, les mineurs isolés marocains à risque…», a déclaré Emmanuel Grégoire dans une interview du Parisien. C’est sur son compte Twitter que le premier adjoint a dévoilé ces «mesures concrètes, qui amélioreront rapidement la situation». Au total, le coût du plan est évalué à 2,5 millions d’euros.

• Renforcer la sécurité

Ces actions‐clés concernent en premier lieu la sécurité. Emmanuel Grégoire a annoncé que des renforts seraient déployés dans les Xe, XVIIIe et XIXe arrondissements de Paris. D’ici à cet été, «53 agents de sécurité de la Ville de Paris patrouilleront sur les places, les grands axes urbains, les sorties de métro et les parcs et jardins, trop souvent squattés», a indiqué au Parisien le premier adjoint. «Sur la place de la Chapelle et ses abords, ils faciliteront la circulation des femmes dans l’espace public, rendue difficile par la présence en très grand nombre de jeunes hommes.» Une brigade de 35 agents sera également présente au quotidien, sept jours sur sept, sur la Promenade urbaine Barbès‐Stalingrad. Emmanuel Grégoire a indiqué sur son compte Twitter qu’une équipe parisienne de médiation serait créée, et mobilisée dans la prévention des rixes. Il veut ainsi «lutter contre les nuisances» et gagner le combat de la «tranquillité publique», explique‐t‐il à l’AFP.

L’élu de Paris entend également mieux structurer la distribution d’aide alimentaire aux migrants, en créant une «charte de distribution alimentaire» signée par les associations et la mairie de Paris. Objectif: éviter les distributions «non déclarées» et les problèmes qu’elles peuvent engendrer – bagarre entre migrants et détritus jetés à même le sol par exemple – pour aider à «remettre de l’ordre».

• Déclencher une «guérilla juridique» contre les commerces frauduleux

La deuxième mesure phare s’adresse aux commerces. Constatant qu’un certain nombre d’entre eux se livrent à des activités non autorisées, Emmanuel Grégoire a prévenu que la mairie de Paris «n’hésiterait pas à déclencher une guérilla juridique contre ceux qui posent des problèmes importants», notamment certains commerces soupçonnés de blanchiment d’argent ou de trafics divers. «Pour lutter contre le sentiment d’impunité qu’ils peuvent avoir, nous sommes prêts à déclencher les feux de l’enfer», a promis le premier adjoint dans les colonnes du Monde. Il a annoncé au Parisien que la mairie allait identifier les lieux de blanchiment grâce à des enquêtes coordonnées avec la préfecture de Police, et procéder au lancement de mesures d’expropriation «quand les problèmes sont très importants, notamment en cas de troubles du voisinage». «

• Rénover les infrastructures

Pour moderniser le territoire, 40 000 logements du parc social seront rénovés courant 2019. Aussi, une promenade urbaine sous l’axe de métro aérien Barbès‐Chapelle‐Stalingrad sera créée, et des sentiers de randonnée métropolitains seront mis en place. Emmanuel Grégoire a également annoncé vingt‐deux opérations de rénovation d’espaces verts, pour un montant d’environ 40 millions d’euros.

• Valoriser la vie de quartier

Le dernier volet du plan d’action vise à revaloriser la vie de quartier. La mairie de Paris va alors débloquer 400 000 euros pour aider les associations locales. Une fête baptisée «Canal en Scène» sera organisée le 29 juin sur le Bassin de la Villette. Emmanuel Grégoire a assuré sur Twitter que «des animations de Noël» seront financées dans «tous les quartiers populaires», et que les démarches seront simplifiées «lors de l’organisation d’événements en faveur de l’animation locale».

Sur Twitter, Emmanuel Grégoire a indiqué qu’un euro sur quatre du budget de la Ville de Paris était consacré, pendant la mandature, aux quartiers populaires de la capitale. Ces arrondissements ne représentent que 16,5% de la population parisienne.