Dans le monde, d’autres monuments sont déjà partis en fumée

Si l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi soir a épargné la couronne d’épine et la tunique de Saint-Louis, la flèche du bâtiment a été brisée et le sort de nombreuses toiles reste incertain. Au Brésil, en France ou en Italie, ce n’est pas la première fois qu’un incendie ravageur embrase le patrimoine.

Le Musée national de Rio de Janeiro dévasté

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 2018, un incendie se déclenche au Musée National de Rio de Janeiro à cause d’un dysfonctionnement du système de climatisation. Face au manque d’équipements pour repousser les flammes, le musée, un des plus anciens du Brésil et de l’Amérique latine part en fumée. Aucune victime humaine n’est à déplorer. Culturellement, c’est un drame. Le squelette d’un dinosaure trouvé dans le Minas Gerais et 26 000 fossiles d’espèces disparues, comme celui du tigre à dents de sabre. Après l’incendie, les décombres ont été scrupuleusement fouillés. Les archéologues et paléontologues ont retrouvé quelque 2 000 pièces sur les 20 millions qu’abritait le musée. Les fragments de Luzia, le plus vieux fossile humain du Brésil datant de 12 000 ans et considéré comme le joyau du musée ont été récupérés. Quelques semaines avant la tragédie, le Musée National de Rio de Janeiro avait fêté ses 200 ans.

Le Parlement de Bretagne à Rennes est parti en fumée

C’était il y a 25 ans, dans la nuit du 4 au 5 février 1994. Toute la journée, une manifestation de marins‐pêcheurs défilait dans les rues de Rennes alors qu’Édouard Balladur, premier ministre de l’époque, se trouvaient dans la capitale bretonne. Le soir, une fusée de détresse lancée par un manifestant atterrit sur le toit du Parlement de Bretagne et la charpente, vieille de 300 ans, s’embrase. Les habitants voient s’écrouler le toit, puis la charpente de la façade et de l’aile est du Parlement. Grâce à la mobilisation des autorités concernées, 80% des œuvres d’art du XVIIème et du XIXème sont sauvées. Entre des ateliers de Rennes et de Paris, quarante‐sept toiles sont restaurées. Le chantier de restauration est impressionnant. La charpente est reconstruite en métal plutôt qu’en bois. Plus de 5 000 ardoises sont fixées sur des voliges par 600 000 clous en cuivre. Depuis sa restauration, le bâtiment est devenu l’emblème de la région.

Et l’incendie du parlement de Bretagne n’est pas un cas isolé en France.

À Venise, le Phénix est né deux fois de ses cendres

Le théâtre de l’opéra de Venise, la Fenice (le Phénix en italien) semble bien porter son nom puisque, par deux fois déjà, le bâtiment a resurgi de ses cendres. En décembre 1836, le théâtre est détruit par les flammes avant d’être reconstruit à l’identique par les architectes Giambattista et Tommaso Meduno. Un an après son départ en fumée, le Fenice sort de nouveau du sol. Plus de 150 ans plus tard, en 1996, le théâtre, alors devenu l’un des plus reconnu au monde, est ravagé par un incendie criminel. Deux électriciens sont accusés d’avoir mis le feu pour éviter de payer des pénalités pour retard de travaux. Ils sont condamnés à six et sept ans de prison. En 2004, le théâtre rouvre ses portes et soutient aujourd’hui Notre‐Dame de Paris à travers un tweet.