Notre‐Dame : ce qui a été sauvé des flammes

Ravagée par les flammes lundi soir, la cathédrale de Notre-Dame de Paris hébergeait des chefs-d'œuvre artistiques et des reliques à forte valeur. Une partie a pu être sauvée.

Malgré les dégâts importants causés par les flammes, une partie des œuvres les plus précieuses a pu être sauvée dans la cathédrale Notre‐Dame de Paris. Cela a été rendu possible par «les collaborateurs de Notre‐Dame, les architectes des bâtiments de France, les personnels du ministère de la Culture» qui «se sont mobilisés pour orienter les sapeurs pompiers, leur désigner les œuvres qu’il fallait à tout prix sauver», a expliqué le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, ce matin sur RTL.

D’autres pompiers «ont été mobilisés pour protéger les œuvres, en restant par exemple à proximité de tableaux avec des lances», explique au journal Le Parisien le général Gilles Glin, patron de la brigade des sapeurs pompiers de Paris de 2011 à 2014.

Néanmoins, trois reliques nichées dans le coq surmontant la flèche qui s’est effondrée lundi soir n’ont pas résisté aux flammes : une parcelle de la sainte Couronne d’épines, une relique de saint Denis et une de sainte Geneviève. Selon un gérant de l’entreprise qui devait restaurer les statues de cuivres du toit de Notre‐Dame, «le coq à fondu», a‐t‐il déclaré à l’AFP.

D’autres reliques sauvées

La cathédrale abritait de nombreuses reliques, comme la couronne d’épines du Christ. Ramenée de Constantinople par Saint‐Louis en 1239, elle aurait été, selon les croyances, portée par Jésus lorsqu’il transportait la croix sur laquelle il allait être crucifié. Un clou qui aurait servi à sa crucifixion était lui aussi gardé au cœur de Notre‐Dame.

Ces trois reliques, ainsi que la tunique de Saint‐Louis, ont pu être sauvées des flammes par les pompiers et les agents de la cathédrale qui ont passé la nuit à sauver les œuvres. Ce qui a pu être évacué est en partie conservé dans l’Hôtel de Ville.

On ne connaît pas le sort des autres pièces qui constituent le trésor de la cathédrale. Celui‐ci contient notamment une collection de camées des papes, mais aussi des ostensoirs, des reliures ou encore des pièces d’orfèvrerie.

«C’est un peu un miracle»

Parmi les orgues qui occupent le lieu sacré, le grand orgue, avec ses cinq claviers, ses 109 jeux et ses près de 8 000 tuyaux, est le plus remarquable. «Il n’a pas pris une goutte d’eau. Rien n’a brûlé, rien n’a fondu», indique à Europe 1 Laurent Prades, régisseur du patrimoine intérieur de Notre‐Dame de Paris.  

L’orgue de chœur a lui été copieusement arrosé par les lances des pompiers, rendant incertain son état malgré une «structure intacte», affirme Vincent Dubois, organiste à Notre‐Dame, au Figaro.

Quant aux trois rosaces monumentales construites au XIIIe siècle, mesurant jusqu’à 13 mètres de diamètre, elles ont été épargnées par les flammes. André Finot, porte‐parole de la cathédrale Notre‐Dame de Paris, précise sur BFM TV que «ce sont des vitraux du XIXe siècle, beaucoup moins importants dans notre imaginaire qui ont pu être touchés, mais pas les joyaux du XIIIe siècle. C’est un peu un miracle».

Cet incendie, le premier d’une telle ampleur dans l’édifice, marque une triste page de l’histoire de la cathédrale. Mais comme elle l’a montré au fil de ses huit siècles d’existence, ni les saccages de la Révolution, ni les deux guerres mondiales, ni la pollution qui la ronge à petit feu, n’ont eu raison d’elle.