En grève, les personnels hospitaliers parisiens dénoncent la précarité

Une insécurité grandissante, et des conditions de travail toujours plus dégradées ont poussé les personnels des hôpitaux parisiens (APHP) à débuter, depuis dimanche 14 avril, une grève illimitée. 

«La maison AP‐HP brûle». Alors que tous les moyens étaient déployés en début de semaine pour sauver la cathédrale Notre‐Dame d’un terrible incendie, les personnels de l’AP-HP (Assistance Publique — Hôpitaux de Paris) filent la métaphore pour décrire leur travail au quotidien. Trop de patients et pas assez d’effectifs: les conditions de travail dans les hôpitaux se détériorent de jour en jour.

La grève a ainsi débuté dimanche 14 avril au soir dans quatre établissements parisiens : La Pitié‐Salpêtrière, Lariboisière, Tenon et Saint‐Louis. La colère ne s’est depuis pas éteinte et débute, aujourd’hui, une journée de grève générale de 24 heures, à laquelle est appelé “l’ensemble du personnel” de l’institution francilienne. À la mi‐journée vendredi, selon l’AFP qui a contacté la direction de l’AP-HP, 505 personnes étaient en grève (soit 1,26% de mobilisation). Une délégation de représentants des services d’urgence a été reçue pendant q’une centaine de personnes manifestaient.

Selon des représentants de SUD et de la CGT, depuis lundi, une dizaine d’établissements ont rejoint le mouvement entamé mi‐mars aux urgences de l’hôpital Saint‐Antoine, à la suite d’une série d’agressions. Pour autant, la continuité des soins n’est pas perturbée, les personnels pouvant être assignés.

Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP, avait tenté de désamorcer la fronde en promettant la création de 45 postes supplémentaires en mars dernier, à répartir selon les besoin des services. Vendredi 18 avril, il a annoncé sur France Info «multiplier par dix la prime dangerosité pour les urgentistes».

«Il manque 700 postes pour assurer la sécurité des patients»

Il manque 700 postes pour assurer la sécurité des patients”, s’insurge l’urgentiste et cégétiste Christophe Prudhomme. Le manque d’effectif est l’une des principales revendication des soignants. L’an dernier, 405 emplois équivalents à temps plein (ETP) ont été supprimés. Cette année, une nouvelle vague de 779 suppressions a été annoncée. 

Selon les syndicats, cette situation entraîne une dégradation générale de la qualité des soins, et se traduit parfois par des drames, comme la mort en décembre dernier d’une femme de 55 ans dans la salle d’attente des urgences de Lariboisière.

En décembre dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé une rallonge budgétaire de 300 millions d’euros, en plus du plan Ma Santé 2022 annoncé en février 2018, pour repenser l’offre hospitalière. Insuffisant pour contenter les syndicats et apaiser la colère.