La gauche sceptique sur la « fédération populaire » de Jean‐Luc Mélenchon

« Assumer sa responsabilité » pour unir la gauche dans une « fédération populaire » . Voilà le projet de Jean-Luc Mélenchon si les élections européennes lui « en donnent la force ». Un énième projet d’union de la gauche qui ne trouve qu’un écho léger dans les partis engagés dans la campagne européenne.

Jean‐Luc Mélenchon s’est lancé. Dans un entretien à Libération, publié mercredi 24 avril, il propose d’unir la gauche dans une « fédération populaire », si les élections européennes lui « en donnent la force » .

« C’est un aveu d’échec », a jugé le premier secrétaire Olivier Faure. Au Parti socialiste, le message est pris mais ne change pas la donne. « À un mois des européennes, Jean‐Luc Mélenchon tombe dans les sondages et il nous fait le coup de ‘Vive la gauche’ ? », a ironisé celui qui tentait encore début février de rassembler des tendances politiques en une seule liste.

Même son de cloche du côté de Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat  : « Faire des pas vers Jean‐Luc Mélenchon qui notamment a un programme fondamentalement anti‐européen constitue pour nous un élément rédhibitoire », a‐t‐il confié à Franceinfo. 

La réticence est aussi visible du côté de Génération.s., le mouvement de Benoit Hamon. Guillaume Balas, son bras droit, se disait sur Franceinfo ouvert au dialogue mais pas à n’importe quel prix : « Il est évident que nous ferons partie de cette discussion. Mais avec des exigences sur la question du rapport à l’internationalisme, à l’Europe… »

Signe de bonne volonté ou coup de bluff ? L’annonce du leader de la France insoumise intervient alors que la liste du parti est créditée de 7 à 9% d’intentions de vote au prochain scrutin européen. Bien loin des presque 20% obtenus par Jean‐Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017.