Les Gilets jaunes auraient bien été fichés par les hôpitaux parisiens

Le Canard enchaîné à publié ce matin des extraits d'un fichier allant à l'encontre du secret médical, alors que l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (APHP) avait jusqu'à présent nié les accusations. 

Une semaine après les premières révélations sur les soupçons de fichage de Gilets jaunes dans les services d’urgence de l’Assistance publique‐Hôpitaux de Paris (AP‐HP), Le Canard enchaîné revient à la charge. L’hebdomadaire publie ce matin, des extraits de ce fichier, prouvant qu’il comporte des informations relevant du secret médical. 

En plus de contenir des informations personnelles – sexe, date de naissance, nom ou adresse –, le fichier comporterait aussi des descriptions physiques et vestimentaires des patients, qui permettraient par exemple aux services d’ordre d’identifier plus facilement les gilets jaunes dès leur arrivée aux services d’urgences.

Mercredi dernier, l’hebdomadaire a révélé que les hôpitaux parisiens recensaient les personnes blessées lors des manifestations des « Gilets jaunes », dans un fichier nommé SI‐VIC (système d’information pour le suivi des victimes), mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l’identification des victimes d’attaques.

Dans un communiqué, l’AP-HP a reconnu l’utilisation de ce fichier, conformément à la demande de l’Agence régionale de Santé (ARS). Ce fichier est utilisé « en cas de situations sanitaires exceptionnelles », affirme le document, considérant que certaines manifestations des derniers mois « ont été des événements sanitaires importants », avec « plusieurs centaines de blessés ». Le communiqué affirme que « dans le respect du secret médical », le fichier « ne comporte (…) aucune donnée sur la nature des blessures prises en charge ».