Suppression de l’ENA : le directeur répond à Macron

Face à la suppression de l'Ecole nationale d’administration (ENA) envisagée par le président de la République, le directeur de l'école défend son établissement dans Le Figaro. Même s'il concède qu'il faut « faire encore mieux ».

« Non, les élèves de l’ENA ne sont ni cooptés, ni coupés des réalités, ni détestés à l’étranger ! » écrit Patrick Gérard, le directeur de l’école. Dans une tribune parue dans Le Figaro le mercredi 24 avril, il estime de son « devoir de rétablir quelques vérités » face aux critiques visant son établissement qui « choquent, voire blessent profondément, ses élèves et ses personnels ».

Le directeur de la prestigieuse école dit refuser d’entendre que les étudiants y entrent « par favoritisme » puisqu’ils passent « un concours exigeant ».

Il rappelle que la création de l’école en 1945 visait précisément à mettre fin à « un système de cooptation » des hauts fonctionnaires. D’ailleurs, « l’actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d’énarque, de ministre ou de parlementaire ». Pour autant, concède Patrick Gérard, « il faut encore mieux faire […] seuls 19% des élèves actuels ont un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur. » 

2,5% des anciens élèves de l’ENA exercent « une fonction ou un mandat politique », comme c’est le « cas aujourd’hui de 15 députés sur 577 », ajoute‐t‐il. L’ENA, assure‐t‐il, « n’a pas le monopole de la haute fonction publique » puisque « plus de la moitié » des ambassadeurs, préfets ou recteurs n’en sont pas issus. Emmanuel Macron devra confirmer jeudi 25 avril, lors d’une conférence de presse, son intention de supprimer l’ENA. (AFP, Le Figaro)