Benoît Hamon prêt à tendre la main à Jean‐Luc Mélenchon après les Européennes

Dans une interview accordée à Libération, jeudi 25 avril, Benoît Hamon, le chef de file de Génération.S est revenu sur la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'une « Fédération populaire » pour rassembler la gauche. L'ancien ministre de l'Education tend la main à son ex-adversaire à la présidentielle de 2017. 

« Je préfère prendre acte de ce geste d’unité et le prendre au sérieux », a déclaré Benoît Hamon dans Libération, jeudi 25 avril, en évoquant le geste de Jean‐Luc Mélenchon. Mercredi 24 avril, le leader de La France insoumise a appelé, également dans Libération, à la création d’une « Fédération populaire » pour unifier la gauche, après les élections Européennes.

Fédérer la gauche, mais pas à n’importe quel prix

« Nous regardons toujours toutes les initiatives qui visent à reconstruire la gauche », a soutenu Benoît Hamon en mettant néanmoins en garde Jean‐Luc Mélenchon : « L’union ne se décrète pas, elle se construit, elle se forge sur la clarté et la cohérence, celle des idées fortes et des valeurs fortes. (…) Je ne veux laisser planer aucun doute sur l’idée absurde que nous pourrions répondre à la crise européenne par un retour en arrière. Créer un rapport de force puissant, oui ! Mener une guérilla au Parlement européen, oui ! Désobéir aux règles absurdes de l’austérité, oui ! Mais s’engager dans un processus incontrôlé vers une sortie, non ! »

Une union contre le gouvernement

Benoît Hamon ne manque pas de souligner que son parti Génération.S avait fait la même proposition d’union bien avant le début de la campagne pour les Européennes : « Nous avons essuyé des refus pavloviens de la part des appareils. Dont acte. Nous ne fermerons jamais la porte à l’unité. Mais en attendant la raison des autres, nous avançons. »

Il n’en reste pas moins que pour l’ancien candidat à la présidentielle, le combat principal doit se jouer contre le gouvernement en place : « Depuis des mois nous vivons une crise sociale sans précédent. (…) Je crains que tout ceci laisse des traces profondes dans le pays. Je vois la colère partout. L’alternance la plus naturelle aujourd’hui, c’est Marine Le Pen. Je me refuse d’user de cette situation avec cynisme comme le fait Emmanuel Macron en polarisant le débat entre lui et le Rassemblement National. » S’unir pour des idées oui, mais surtout contre le gouvernement.