Baisse d’impôts, retraites, démocratie… Ce qu’il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron

Durant 50 minutes le président de la République a annoncé ses mesures pour sortir du Grand Débat. Baisse de l’impôt sur le revenu, climat, démocratie, retraites, Emmanuel Macron souhaite amorcer un deuxième temps de son quinquennat.

Emmanuel Macron a annoncé un « nouvel acte de la République », au terme de la consultation du Grand débat. Dans un discours qui a duré 50 minutes au lieu des 20 annoncées au départ, le président de la République a détaillé quatre « grande orientations » : la représentation démocratique, la justice fiscale, l’écologie et le projet national français.

Le président a appelé à ce que chaque Français « puisse avoir sa part de progrès ». « Les transformations en cours ne doivent pas être arrêtées, a‐t‐il martelé, les orientations prises ont été justes », a déclaré le président de la république. Baisse d’impôts, retraites, démocratie, écologie. Le point sur l’allocution d’Emmanuel Macron.

La baisse des impôts

Le président de la république a annoncé vouloir baisser « significativement » l’impôt sur le revenu. « Celles et ceux qui travaillent ont été largement mis à contribution. Je ne veux pas de hausse d’impôts », a‐t‐il déclaré. Emmanuel Macron a évoqué la suppression de niches fiscales et la baisse des dépenses publiques.

Le président a cependant refusé de revenir sur ce qu’il appelle la « transformation » de l’impôt sur la fortune (ISF), en argumentant que celui ci à été remplacé par un autre impôt, l’impôt sur le patrimoine immobilier.

Les retraites de moins de 2000 euros réindexées sur l’inflation

Comme cela a fuité dans les derniers jours, Emmanuel Macron a annoncé la réindexation sur l’inflation des retraites inférieures à 2000 euros au 1er janvier prochain. « Le travail doit payer », a martelé le chef de l’Etat, mais « le travail qui a été fait doit aussi payer », a‐t‐il ajouté.

Par ailleurs, il n’y aura plus de sous‐indexation des retraites à partir de 2021. 

Cette mesure est soutenue par 88% des Français, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche paru le 14 avril. Elle s’ajouterait à l’annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) décidée mi‐décembre, pour les plus faibles retraites.

Un « système de retraite juste, par points » est souhaité par le président de la République. Cette refondation profonde sera présentée à l’été. “Cette transformation doit remettre de la confiance et de la justice”, explique‐t‐il.

« Changer en profondeur notre démocratie »

Le président de la République a annoncé une réforme du Conseil économique, social et environnemental (CESE). « Je souhaite qu’on puisse avoir des citoyens tirés au sort qui complètent cette assemblée et qui lui permettra de représenter toute la société», a‐t‐il déclaré, afin que « ce conseil de la participation citoyenne puisse reprendre toutes les compétences émiettées dans plusieurs comités».

Ardemment souhaitées par les «Gilets jaunes», la reconnaissance du vote blanc et la tenue de référendum d’initiative citoyenne (RIC), n’ont pas été retenus par Emmanuel Macron. « Quand on vit une période difficile, blanc ça ne décide pas». Concernant le RIC, Emmanuel Macron a cependant affirmé vouloir « aller plus loin sur le référendum d’initiative partagé en simplifiant les règles ».

Par ailleurs le président a d’abord annoncé vouloir «réformer l’ENA », puis a évoqué sa suppression. Le président a reconnu que la fonction publique « ne ressemblait pas » à la population française. Il a annoncé une modification dans le recrutement et dans la formation.

«Le climat doit être au cœur du projet national et européen»

« L’état d’urgence climatique, il est là», a déclaré Emmanuel Macron. Le président a annoncé la création d’un « conseil de défense écologique ». Emmanuel Macron a aussi dévoilé son souhait de voir la création d’une « convention citoyenne de 250 personnes tirées au sort, qui aura pour mission de travailler sur ce sujet, définir d’autres mesures incitatives ou contraignantes et de proposer des financements pour se faire ». Mais au delà de ces annonces, aucune mesure concrète n’a été avancée par le président de la République.