Emmanuel Macron appelle à une plus stricte tenue des frontières européennes

Emmanuel Macron a conclu son allocution jeudi 25 avril, par un thème sur lequel il était moins attendu : l'immigration. Le président de la République appelle à une plus ferme maîtrise des frontières européennes.

Emmanuel Macron conclut ce jeudi 25 avril son discours sur l’immigration. La thématique n’était pourtant pas au programme de l’allocution initialement prévue le lundi 16 avril. « Nous devons refonder notre politique migratoire », martèle‐t‐il.

Le président de la République appelle à une Europe « forte de coopération, de développement auprès de tous ceux qui en ont besoin. Une Europe qui tient ses frontières, qui les protège ». « C’est sur ces bases qu’on doit refonder Schengen », affirme‐t‐il. Tempérant son discours, Emmanuel Macron, réaffirme cependant son attachement à l’asile, qui serait commun à l’espace Schengen. Il faut une « politique d’accueil, d’intégration de ceux qui ont droit à l’asile », déclare le chef d’Etat, affirmant la nécessité de « lutter plus efficacement contre ceux qui en abusent ».

Vers un espace Schengen plus restreint ?

Le président de la République se dit ouvert à un espace Schengen « avec moins d’Etats », qui exclurait les pays ne jouant pas le jeu de la répartition des migrants. Sans le nommer, Emmanuel Macron vise le président hongrois Viktor Orban. Il avait refusé en 2015 le projet de répartition des migrants entre les Etats membres de l’UE, proposé par la Commission européenne.

Le règlement de Dublin qui régit la politique migratoire européenne, prévoit que l’État membre responsable du demandeur d’asile soit l’État par lequel il a fait son entrée dans l’UE. Une situation qui oblige les pays par lesquels arrivent les migrants comme la Grèce ou l’Italie à accueillir une grande partie des nouveaux arrivants. La politique de répartition de l’Union a pour but d’y remédier.

La France n’a pas non plus tenu ses engagements auprès de l’UE en terme d’accueil des migrants. En 2017, Paris s’était engagé à prendre en charge 3 064 migrants venus d’Italie, mais seuls 635 ont effectivement été accueillis selon la Commission européenne.