Européennes : EELV n’a plus le monopole du vert

1 JOUR 1 ENJ’U.E. Le dernier sondage IFOP place Europe Ecologie Les verts (EELV) en cinquième position pour les élections européennes. Pourtant, de plus en plus de partis font de la protection de l’environnement un enjeu majeur de leur campagne. Alors, que reste-t-il aux écologistes ? Petit tour d’horizon de l’ambition verte des différentes listes françaises.

 


Fin du nucléaire, protection des animaux, neutralité carbone… Les thématiques de protection de l’environnement ne sont désormais plus la chasse gardée des écologistes. « Pas un discours, pas une prise de parole, pas un parti depuis l’extrême gauche à l’extrême droite qui n’affiche son envie de vert et de renaissance écologique », raillait Yannick Jadot, tête de liste d’Europe-Ecologie Les Verts pour les élections européennes, le 10 avril lors d’un meeting à Villeurbanne (69).

Une sortie ironique qui s’explique probablement par un paradoxe. La formation écologiste est distancée dans les intentions de vote : les derniers sondages la placent en cinquième position, au coude‐à‐coude avec La France insoumise, et très loin derrière La République En Marche (LREM), le Rassemblement national (RN) ou encore Les Républicains (LR). Pourtant, ses idées sont distillées dans la plupart des programmes de ces formations.

Les Insoumis : priorité à « l’urgence climatique »

« L’écologie, c’est une sorte de totem, tout le monde le saisit. Mais en réalité, très peu est fait », affirmait le 5 avril Manon Aubry, tête de liste des Insoumis, lors d’un débat télévisé sur LCI.

100% d’énergies renouvelables d’ici 2050, sortie du charbon et du nucléaire, interdiction de la production de fourrure… Le parti de La France insoumise fait de « l’urgence climatique » une priorité. Comme lors des dernières élections présidentielles, le parti de Jean‐Luc Mélenchon inclut l’écologie au reste de ses propositions.

LREM : des noms, pas de propositions

Après 15 ans chez les Verts, c’est sous l’étiquette de LREM qu’a décidé de se présenter Pascal Canfin aux Européennes. L’ex-directeur de l’ONG de protection de l’environnement WWF France est la caution verte de la liste dirigée par Nathalie Loiseau.

Dans l’onglet « notre projet » de son site pour les Européennes, le parti se contente d’un texte réaffirmant un soutien au chef du gouvernement. La thématique environnementale est évoquée à un seul moment, avec une simple mention de l’ « impératif écologique » .

Julien Bayou, le porte‐parole d’EELV, critique vivement la position du parti de la majorité : « Un vote pour LREM est un vote contre l’écologie. Ce n’est pas la liste Macron qui va faire quoi que ce soit contre les pesticides, ou s’opposer aux traités commerciaux de libre‐échange ». A l’en croire, après le passage de Nicolas Hulot par le ministère de la Transition écologique, le gouvernement miserait donc davantage sur des têtes d’affiche et la communication que sur des propositions concrètes pour sauver la planète.

LR et RN : l’environnement relégué en bas de page

Les partis de droite et d’extrême droite restent, de leur côté, fidèles au programme qu’ils avaient présenté lors de l’élection présidentielle de 2017. Dans leur programme, la protection de l’environnement du Rassemblement national et du parti Les Républicains se résume à la présence de quelques mots clés comme “recyclage”, “valorisation”, ou “mix énergétique”.

Entre 2014 et 2017, le parti dirigé par Marine Le Pen avait commencé doucement à se mettre au vert avec la création de Nouvelle écologie. Ce collectif, qui avait initialement pour but de « défendre l’écologie et de faire gagner Marine Le Pen », avait fini par se détacher du parti à la suite de désaccords, notamment sur la question européenne.

Petits partis écologistes: une force étalée et amoindrie

Génération.s de Benoît Hamon, le mouvement Place publique de Raphaël Glucksmann, soutenu par le parti socialiste (PS), le Mouvement écologiste indépendant : plusieurs petits partis défendent ardemment la protection de l’environnement avec des mesures similaires à celles des Verts.

Par exemple, Benoît Hamon propose la reconnaissance dans la loi de  l’ “écocide”, le crime de destruction d’un milieu naturel. Cette reconnaissance permettrait de rendre les décisions de justices plus sévères envers les gros pollueurs. Malgré de nombreuses idées écologistes communes, ces partis peinent à se rassembler en une seule liste.

A un mois du scrutin, Yannick Jadot pointe du doigt la tendance de ses concurrents à se mettre au vert par effet de mode, plus que par conviction. Il affirme que les Verts restent « les plus cohérents » et « les plus lucides sur le monde tel qu’il va ».