La suppression de l’ENA, «un comble» pour François Hollande

Interrogé mercredi 24 avril sur une possible suppression de l'ENA, envisagée par Emmanuel Macron en réponse à la crise des Gilets jaunes, François Hollande a rappelé à quel point l'école était importante pour le rayonnement de la France, mais a concédé qu'il fallait la réformer.

François Hollande s’est éloigné de la politique française mais ne se prive pas de la commenter. Mercredi 24 avril, à Strasbourg, l’ancien président de la République est revenu sur une éventuelle suppression de l’ENA, envisagée par Emmanuel Macron. Une annonce que l’actuel chef de l’Etat pourrait confirmer jeudi 25 avril à 18 heures, lors d’une conférence de presse à l’Elysée.

« J’ai fait cette école, je ne m’en repens pas, je ne me flagelle pas en me disant “c’est terrible, j’ai fait cette école”», a lancé François Hollande, tout en concédant « qu’on puisse réformer, diversifier ».

Il précise : « je comprends pleinement cet objectif mais attention, ne cassons pas ce qui est regardé par beaucoup de pays comme une référence ». L’ancien premier secrétaire du Parti socialiste (PS), conclut : « Ce serait quand même un comble qu’on la supprime quand d’autres veulent la créer. »

Démocratiser les recrutements

En revanche, François Hollande a pointé la nécessité de réformer l’ENA en démocratisant l’institution : « Ce qui est critiquable dans la fabrication des élites, c’est l’étroitesse sociale. (…) Ce sont toujours les mêmes catégories qui se retrouvent, générations après générations, dans ces écoles. (…) Il faut essayer de briser [les réseaux] mais ça suppose qu’on démocratise les recrutements dans ces écoles, pas qu’on les supprime. »

Mercredi 24 avril, lors de la Grande confrontation diffusée sur LCI, Adrien Quatennens, représentant de La France insoumise, tenait le même discours que l’ancien président de la République : « Le problème est celui du système éducatif dans son ensemble, qui reproduit les inégalités. » Officialisation, ou pas, dans quelques heures.