Grand débat : les cinq points sur lesquels Emmanuel Macron est attendu

Impôts, retraites, suppression de l'ENA, temps de travail ou RIC, le président de la République doit annoncer ce soir à 18 heures ses mesures issues du Grand débat. 

Reportée à cause de l’incendie de Notre‐Dame de Paris, l’allocution d’Emmanuel Macron de ce jeudi 25 avril doit signer ce qu’une partie de la presse qualifie déjà d’entrée dans « l’acte II » de son quinquennat. Soit l’ère post‐Gilets jaunes, auxquels le Grand débat était censé répondre.

Un discours d’une vingtaine de minutes à 18 heures sera suivi d’une conférence de presse. Plusieurs éléments de son discours, initialement prévu le lundi 16 avril, ont déjà fuité dans la presse. Mais la teneur précise des annonces à venir reste incertaine. Le chef de l’Etat est donc attendu sur plusieurs points : baisse des impôts, retraites, RIC, temps de travail ou suppression de l’ENA.

Baisse d’impôt

C’est l’une des revendications principale des « Gilets jaunes ». Emmanuel Macron devrait annoncer une baisse significative de l’impôt sur le revenu. « Pas de hausse d’impôt, des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l’impôt sur le revenu », devait déclarer le président de la République dans son allocution du lundi 16 avril.

Comment ces baisses se matérialiseront ? Les catégories visées sont principalement les classes moyennes et populaires. Plusieurs options sont avancées, dont la création de nouvelles tranches d’imposition. Du côté du coût pour l’Etat, aucun montant n’a officiellement été avancé mais on évoque, selon les sources, de 3 à 5 milliards d’euros.

Réindexer les retraites à l’inflation

Revaloriser les pensions en les réindexant à l’inflation. « Je veux que la considération pour les retraités se traduise par de la confiance et des règles claires », était‐il écrit dans l’allocution du 16 avril. Cette mesure devrait concerner les retraites « de moins de 2000 euros » et entrer en vigueur le 1er janvier 2020. La réindexation des retraites à l’inflation est soutenue par 88% des Français, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche paru le 14 avril. Elle s’ajouterait à l’annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) décidée mi‐décembre, pour les plus faibles retraites.

L’allongement du temps de travail

Pour financer ces mesures, des annonces sur l’allongement du temps de travail sont attendues ce soir. Abandon des 35 heures, recul de l’âge de départ à la retraite, suppression d’un jour férié… Plusieurs pistes semblent avoir été envisagées par le gouvernement. Reste que le chef de l’Etat a clairement annoncé vouloir faire « travailler plus » les Français : une « nécessité » pour financer la baisse des impôts.

Ce point devrait constituer l’un des réformes plus difficiles à faire accepter : dans un sondage Ifop paru le 21 avril dans le Journal du dimanche, 54% des Français ne sont pas favorables à « travailler plus ».

La tenue de référendums d’initiative citoyenne

Le 16 avril, Emmanuel Macron devait se déclarer « favorable » à ce que des référendums d’initiative citoyenne (RIC) soient « organisés sur certains sujets d’intérêts locaux ». La possibilité d’organiser des RIC faisait partie des mesures phares exigées par les Gilets jaunes. Au niveau national.

La suppression de l’ENA

Dans son discours du 16 avril, Emmanuel Macron appelait à la constitution d’une élite « à l’image de la société », « sélectionnée sur des bases exclusivement méritocratiques ». La suppression de la prestigieuse école de fonctionnaires de Strasbourg, l’ École nationale d’administration, est souhaitée par le président. « Nous changerons la formation, la sélection, les carrières en supprimant l’ENA et plusieurs autres structures pour en rebâtir l’organisation profonde », était‐il écrit dans son projet d’allocution.