L’impopularité assumée d’Emmanuel Macron

Parfois taxé d’être méprisant, le président de la République est revenu à demi-mot, ce jeudi 25 avril, sur certains de ses propos. Mais, pour gouverner, il faut assumer d’être impopulaire, s’est-il défendu.

Un mandat réussi rime avec impopularité pour Emmanuel Macron. Lors de son allocution puis de sa conférence de presse, ce jeudi 25 avril, le président de la République s’est défendu face aux critiques. « Quand on accepte le pouvoir, on accepte la part de colère qui va avec. Je préfère être responsable et être impopulaire plutôt que chercher à séduire d’une manière qui serait tout à fait éphémère », lance Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat, qui a réaffirmé le bien‐fondé des « orientations prises » ces deux dernières années, a pourtant montré un visage plus conciliant envers ses détracteurs. Cinq mois après le début de la grogne des Gilets jaunes — une période qui l’a « changé », dit‐il -, il indique vouloir redonner plus de place aux citoyens dans la démocratie pour répondre à la contestation. Cela passera notamment par une réforme du Conseil économique social et environnemental (CESE). « 150 citoyens seront tirés au sort dès le mois de juin » détaille‐t‐il. Comme attendu, Emmanuel Macron se dit par ailleurs favorable à la mise en place « d’une dose de proportionnelle aux élections législatives ».

Lors de son allocution, le locataire de l’Elysée est allé jusqu’à avouer certains regrets pour répondre à ceux qui l’accusaient de mépris. Par exemple sur les retraités. « J’ai cru que leur protestation n’était pas légitime », confie‐t‐il. Avant de concéder que « certaines phrases » n’auraient pas dû être prononcées, et que d’autres « ont été mal interprétées » à l’image de son échange, en septembre, avec un étudiant en horticulture qui cherchait du travail. « Je traverse la rue et je vous en trouve », lui avait répondu le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron maintient le cap

Cet acte de contrition sur la forme n’empêche pas Emmanuel Macron de vouloir garder le cap de plusieurs réformes contestées, comme celle de l’Impôt sur la fortune (ISF). « Est‐ce que l’on a fait fausse route ? Je pense le contraire. Nos orientations à bien des égards étaient justes », appuie‐t‐il.

En dépit des nombreuses propositions faites en ce sens, il refuse par exemple de reconnaître le vote blanc et de mettre en place un Référendum d’initiative citoyenne (RIC). Le chef de l’Etat craint‐il les conséquences de ces mesures en vue d’un éventuel second mandat ? « Au moment où je vous parle, je pense que cela serait le meilleur moyen d’échouer », affirme‐t‐il. Et d’insister : « Je me fiche de la prochaine élection. Je veux réussir ce mandat » et « donc assumer des décisions impopulaires ». Une déclaration assénée avec conviction, sans pour autant écarter la possibilité de se présenter en 2022.