Comme dans Game Of Thrones, la manifestation du 1er mai «is coming»

Les syndicats, principaux acteurs du traditionnel défilé de la Fête du travail, seront rejoints mercredi par les Gilets jaunes et certains Black-blocs. Au point que les autorités craignent des affrontements. La Newsroom du CFJ vous présente les différents protagonistes, version Game of Thrones du 1er mai.

Le nom de l’événement donnait dans la dramaturgie. Sur Facebook, la page « Acte Ultime : Paris, capitale de l’émeute » appelait à manifester pour la Fête du travail. Avant sa suppression, dans la nuit de lundi à mardi, elle comptait 2 700 participants. « Nous lançons un appel à tous les révolutionnaires de France et d’ailleurs, pouvait‐on y lire. […] Préparons‐nous, équipons‐nous, organisons‐nous. […] La guerre est déclarée ! »

Face aux perturbateurs potentiels, le gouvernement, qui table sur la présence de 1000 à 2000 « activistes radicaux », a promis « un dispositif d’ampleur exceptionnel », ce mardi, par la voix de Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur. Avec pour objectif de parer tout affrontement géant, alors que de récents « actes » de Gilets jaunes ont été émaillés de violences.

Ces possibles scènes de chaos nous rappelleraient presque la série Game Of Thrones, au cœur de l’actualité depuis le lancement de la huitième saison, il y a quelques semaines. Diffusé dans la nuit de dimanche à lundi sur HBO, l’épisode 3 met en scène le château de Winterfell dans une bataille face aux marcheurs blancs. Et si les protagonistes étaient remplacés par les syndicats, les Gilets Jaunes ou encore les black blocs ?

 

Syndicats/Winterfell : défendre ses acquis sans faire de vague

« Nous ce que l’on veut, c’est défiler tranquillement. On ne veut pas de policiers autour de nous. » Pour la Fédération Syndicale Unitaire, spécialisée dans la fonction publique, le mot d’ordre est clair. Les militants défileront de Montparnasse à Place d’Italie avec la CGT, FO, l’UNEF et l’UNL. « Nous serons là pour le symbole et nous espérons défiler dans le calme et la bonne humeur », clame un responsable de la FSU.

Une attitude qui se rapprocherait, dans l’univers tiré de la saga écrite par George R.R. Martin, de celle de la famille Stark et des habitants de Winterfell. Installés dans les terres du nord depuis des décennies, eux aussi cherchent à défendre leurs territoires et attendent des jours meilleurs.

Gilets Jaunes/Jamie Lanister et consort : des alliés de circonstances

Jean‐Pierre, 72 ans, sera à l’avant du cortège avec son drapeau de Che Guevara. « Avec la CGT, nous avons des revendications communes. Ils nous réservent une place à leurs côtés » affirme ce Gilet Jaune originaire de Nemours. Une bonne nouvelle selon lui. Cet ouvrier à la retraite déplore qu’au niveau local, en Seine‐et‐Marne, les syndicats se soient désolidarisés des Gilets Jaunes.

Jamie Lanister, le Limier, la Garde de nuit… Eux aussi sont venus se greffer aux habitants du Nord dans Game of Thrones. Opposés dans les saisons précédentes, ils ont fait le choix de s’unir aux côtés de Winterfell lors de la dernière bataille.

Black blocs/Sauvageons : des forces violentes venues de l’extérieur

Pas loin de 1 500 black blocs, des manifestants radicaux et violents, sont attendus à Paris mercredi d’après la préfecture de police. Pour Jean‐Pierre, le Gilet jaune de Nemours, « ce sont des éléments perturbateurs ». Mais il comprend qu’ils « trouvent un écho ». « En décembre, quand ils ont cassé, il y a eu satisfaction », indique‐t‐il en référence aux premières annonces d’Emmanuel Macron. Au sein de la préfecture, on craint même la présence de black blocs allemands venus en renfort.

En marge de la société, violents, imprévisibles et présents lors de la bataille de Winterfell… Les fans de la série y verront peut‐être quelques similitudes avec les black blocs. Ceux qui préfèrent s’appeler le « Peuple libre » sont venus se joindre aux combattants de Winterfell pour se battre contre les White Walkers, qu’ils jugent menaçants.

Force de l’odre/White Walkers : des forces mobiles ultra préparées

Elie Deguerre, chargé des unités de forces mobiles à la direction de l’ordre public de la préfecture de Police,  s’attend au « grand rendez‐vous ». Les autorités envisagent près de 70 000 personnes dans les défilés parisiens. « On va mettre en place un dispositif très important », confie‐t‐il. Le préfet de police, Didier Lallement, en poste depuis trois semaines, promeut une nouvelle doctrine. « Il y aura énormément de troupes mobiles, en moto, pré‐positionnés et prêtes à bouger rapidement pour éviter les manifestations sauvages », détaille Elie Deguerre.

L’idée n’est, bien‐sûr, pas d’assimiler les forces de police à une menace. Mais la mobilité revendiquée par la préfecture pourrait s’apparenter à celle des fameux Marcheurs blancs qui terrorisent les protagonistes de Game of Thrones. Dans la série, ces individus préparent méthodiquement leur plan de bataille. Un sens du détail qui leur permet de gagner en efficacité. De quoi augurer d’une issue favorable pour les forces de l’ordre, ce mercredi ? Il faudra attendre. Dans ce domaine‐là, au moins, le spoil n’existe pas.