Européennes : pour ou contre un Smic européen ?

1 JOUR 1 ENJ’U.E. A la suite de la proposition de Nathalie Loiseau pour la mise en place d'un Smic européen, une majorité de candidats aux élections craint un rabais du Smic français. A la veille de la fête du travail, coup d’œil sur l’avenir des droits des travailleurs à l’échelle de l’Union européenne.

Plusieurs candidats aux élections européennes plaident pour un salaire minimum instauré au niveau de l’Union européenne. Mais derrière cette mesure d’apparence sociale, certains responsables politiques craignent une harmonisation européenne au détriment des Français.

La tête de liste aux élections européennes La République en marche (LREM) Nathalie Loiseau, défend la mise en place d’un salaire minimum européen fixé à 50 % du salaire médian de chaque pays. Le salaire médian, c’est le montant qui divise la population en deux parties égales : 50% gagne plus, 50% moins.

En exposant cette mesure pour la première fois dans un entretien au Parisien, Nathalie Loiseau - qui veut faire rimer l’Europe “avec le mot social” — n’avait pas précisé que seuls les pays ne disposant pour l’heure d’aucun salaire minimum seraient concernés. A savoir l’Autriche, Chypre, le Danemark, la Finlande, l’Italie et la Suède. De quoi laisser entrevoir un Smic rabaissé, en France, à 886 euros. Soit 317 euros de moins que l’actuel Smic français.

Malgré ses précisions, la mesure laisse craindre un « nivellement par le bas », s’insurge Ian Brossat. A l’inverse, la tête de liste du Parti communiste (PCF) plaide pour la mise en place d’un Smic européen fixé à 60% du salaire moyen de chaque pays. Le salaire moyen, c’est la moyenne de l’ensemble des salaires de la population française. Ce qui aurait pour conséquence, en France, d’établir le Smic à 1 400 € nets, une somme bien supérieure au salaire minimum français actuel.

Une mesure également proposée par Benoît Hamon, de Génération.s, dans la logique de son revenu universel, qu’il avait ardemment défendu lors de sa candidature à l’élection présidentielle en 2017.

Manon Aubry, cheffe de file de La France insoumise (LFI), critique elle aussi la proposition de Nathalie Loiseau. Elle‐même se dit favorable à un Smic européen équivalent à 75 % du salaire médian, qui atteindrait 1329 euros.

Raphaël Glucksmann, représentant du Parti socialiste (PS) et Place publique est lui‐aussi pour une harmonisation du social au niveau de l’Union. Il parle d’« européanisation » et prône un Smic fixé à 65 % du revenu médian. Soit 1151 euros mensuels.  

UDI : “de la poudre de perlimpinpin”

La tête de liste UDI, Jean‐Christophe Lagarde critique le Smic européen défendu par la candidate LaREM Nathalie Loiseau. « Le Smic européen ? C’est de la poudre de perlimpinpin », a‐t‐il jugé le 21 avril dans l’émission Questions politiques de France inter, France télévisions et Le Monde, en reprenant une formule chère à Emmanuel Macron. Pour lui, le Smic à l’échelle de l’UE n’a « pas d’intérêt », lance‐t‐il dans un entretien au site d’informations Atlantico, le 14 avril.

RN : “c’est infaisable”

Catégoriquement opposé à un Smic européen, Jordan Bardella, candidat du Rassemblement national (RN) juge  dans l’émission Bourdin direct sur RMC — BFM TV le 20 mars, qu’ « on ne peut pas mettre au même niveau économique des pays qui ont des disparités trop importantes ». Pour lui, la mise en place d’un Smic européen est tout simplement « infaisable ».

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