Projet de loi énergie: climat tendu entre les associations et le gouvernement

Le gouvernement présente ce mardi en Conseil des ministres son projet de loi sur l'énergie et le climat qui précise les objectifs de la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le monde associatif est sceptique.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre, baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité : le gouvernement veut modifier plusieurs objectifs fixés par la loi de transition énergétique de 2015. Réuni en conseil des ministres, il présente ce mardi son projet de loi relatif à l’énergie et au climat.

«C’est une loi courte mais qui doit inscrire notre ambition climatique dans les textes et la renforcer », explique à l’AFP un responsable du ministère de la Transition écologique. L’exécutif veut atteindre la «neutralité carbone ». Remplir cet objectif suppose de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que le pays ne peut en absorber à l’horizon 2050.

Le gouvernement revoit ainsi ses ambitions à la hausse. Il espère diviser les émissions de gaz à effet de serre par au six, au moins. Le texte qui doit être débattu à l’Assemblée nationale à la fin du mois de juin, prévoit également une baisse de 40% de la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030, contre 30% annoncé jusqu’à présent. Côté électricité, le projet reporterait de 10 ans l’objectif de réduction de la part du nucléaire et l’inscrirait dans la loi. D’ici 2035, cette énergie devrait représenter 50% et non plus 70% de la production électrique française.

« Tout reste à faire »

Mais pour les associations, « tout reste à faire ». Le gouvernement présente un projet de loi « dénué de mesures concrètes alors que les attentes sont fortes concernant la mobilité ou le logement, en particulier la rénovation des passoires énergétiques » que sont certaines habitations, commente Morgane Creach, directrice du Réseau Action Climat, citée dans un communiqué. «Nous comptons sur les parlementaires pour donner du corps à ce texte et ne pas en rester à des objectifs sans moyens pour les atteindre», ajoute Morgane Creach.

«Ce projet de loi bloque la transition énergétique parce qu’il défend les intérêts de la « République des Pollueurs », dénonce Alix Mazounie, chargée de campagne énergie chez Greenpeace. Elle estime qu’il contient également une “remise en cause” de la décision de fermeture de l’ensemble des centrales à charbon d’ici 2022.