1er mai : quand les syndicats se font voler la vedette

Gilets jaunes, blacks blocs et CRS... Pour le traditionnel défilé de la Fête du travail, les syndicats présents se sont retrouvés relégués au deuxième, voire au troisième plan.

Le 1er mai est censé être leur journée autant que celle des travailleurs. Portés par le contexte social tendu, les syndicats s’étaient déplacés en nombre ce mercredi : CGT, UNSA, FO, CFDT, CFTC, UNEF, FAGE, UNL… Mais des black blocs aux Gilets jaunes, les organisations traditionnelles se sont fait voler la vedette par des « éléments perturbateurs ».

Ce sont les Gilets jaunes — inexistants l’année dernière — qui ont obtenu le premier rôle. De manière symbolique, ils ont par exemple pris la tête de cortège à Montpellier. Comme pour illustrer une réalité : ce mouvement, non institutionnalisé, semble désormais porter plus que tout autre les revendications sociales des Français. A l’inverse de syndicats en perte de vitesse en France, où le taux de syndicalisation est passé de 20% à 11% en 50 ans, selon les chiffres publiés par le ministère du Travail en 2016.

Martinez chassé par la foule

Plus marquant encore, en début d’après-midi, vers 13h, Philippe Martinez, leader de la CGT, doit être exfiltré de ce théâtre — censé être le sien — à la suite d’échanges virulents avec certains manifestants, comme le rapporte Le Monde. Le quotidien du soir décrit un leader « foulard sur le nez », « encerclé par une trentaine de manifestants qui l’insultent », aux cris, notamment, de « Syndicat de merde ! ».

Les syndicats n’ont pas seulement subi la concurrence nouvelle du mouvement social né de la hausse des prix à la pompe. L’attention médiatique s’est également portée sur des groupes d’extrême-gauche radicale ou à tendance anarchiste, les black blocs, qui se joignent massivement au défilé du 1er mai depuis 2016. Au point d’avoir trusté les Unes, l’an dernier, après un défilé émaillé de violences.

Des syndicats moins unis

Mercredi, les débordements ont été contenus par des forces de l’ordre qui ont joué plusieurs rôles, à la fois gardiens de restaurant et de biens publics, comme en témoignent les images impressionnantes de la centaine de CRS en faction devant La Rotonde. 

Les organisations représentatives n’avaient pas besoin de l’arrivée de ces nouveaux éléments, elles qui peinaient déjà à conserver de leur superbe. Il y a longtemps que les syndicats sont loin de marcher ensemble. La dernière fois qu’une telle unité a été aperçue, c’était en 2002, lors de la grande marche contre le Front national de Jean‐Marie Le Pen. Une représentation qui appartient désormais à l’histoire.