A Paris, des syndicats débordés par les événements

Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT a été exfiltré hier de la manifestation à cause des violences. Il a vivement critiqué le dispositif sécuritaire mis en place par le gouvernement.

Des syndicalistes en rouge. Mais aussi des radicaux, en noirs et des Gilets jaunes. Ce 1er mai avait trois couleurs.  Il ne ressemblait à aucun autre. Et les rouges, traditionnellement en fête, faisaient plutôt la grise mine mercredi soir.

Leur chef de file, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a même été contraint de quitter les siens temporairement lors de la manifestation. Et pour cause, il a été pris en partie par des black blocs avant de se retrouver sous le feu des forces de l’ordre et des gaz lacrymogènes.

Les syndicats accusent la police

Devant les journalistes, le numéro 1 de la CGT a vertement critiqué la police. « Il y a un problème » avec le préfet de police Didier Lallement et le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. La police a « tiré des gaz lacrymogènes sur la CGT », alors que les militants syndicaux étaient « très identifiables », a‑t-il dénoncé en fin de journée au micro de BFM-TV. Plus tôt, la CGT avait dénoncé dans un communiqué « une répression inouïe et sans discernement » de la part des forces de l’ordre, en réponse aux « actes de violence de certains ».

Comme la CGT, plusieurs syndicats se sont émus des violences de ce 1er mai. « On a vu des charges de CRS très importantes, des grenades de désencerclement ont été lancées à quelques mètres de nous », a ainsi expliqué à franceinfo la présidente de l’UNEF, Mélanie Luce. Même constat pour Eric Breynel, porte-parole de Solidaires, qui accuse la police d’avoir « essayé de voler » le 1er mai aux organisations syndicales.

Face à ce déluge de réactions, la préfecture de police se défend :  « La CGT n’a jamais été la cible des policiers et gendarmes qui ont assuré leur mission avec détermination face à des casseurs violents », a‑t-elle précisé dans un communiqué. Quant au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, il s’est dit « surpris » des accusations de M. Martinez et ajoute avoir « un bilan qui montre l’efficacité du dispositif mis en place à Paris mais aussi en province ».