“Elargir” le programme Erasmus : oui, mais comment ?

1 JOUR 1 ENJ'U.E. Erasmus est un succès européen. Le projet phare de l’Union européenne pour les jeunes. Des Républicains à la France Insoumise, en passant par LREM, les candidats au Parlement affirment vouloir élargir le programme. Mais derrière ce terme vague se cachent des orientations différentes. Tour d’horizon.

Il passe à l’âge adulte. Après avoir soufflé ses 30 bougies en 2017, le programme Erasmus est à nouveau l’objet de l’attention, en vue du scrutin européen du 26 mai prochain. Soucieuses de séduire les jeunes, les listes françaises s’empressent d’en annoncer un élargissement ou un renforcement. Surtout en France, pays qui envoie le plus grand nombre de jeunes à l’étranger : près de 187 000 jeunes sont partis grâce au programme entre 2014 et 2017. La majorité voyage à l’étranger pour les études (46 %) ou pour suivre un stage (40 %).

La Commission européenne avait proposé il y a un an, en mai 2018, un doublement du budget pour la période 2021–2027. Le Parlement européen est allé encore plus loin cette année en proposant de le tripler, pour parvenir à 45 milliards d’euros sur toute la période concernée. Qu’en pensent les candidats au futur Parlement ?

Une bourse pour tous les jeunes

Raphaël Glucksman est le premier à s’être fait remarquer sur le sujet. La tête de la liste Ps‐Place publique veut un « Erasmus pour tous ». Plus concrètement, il s’agit d’une bourse « allant jusqu’à 5.000 euros » destinée à tous les jeunes de 16 à 25 ans « sur la base d’un projet éducatif, de formation, professionnel ou associatif » dans l’Union. Lors d’une table‐ronde organisée pour les jeunes par la Maison de l’Europe à Paris, Sylvie Guillaume, candidate numéro 2 sur la liste a précisé que son équipe allait promouvoir le triplement du budget alloué au programme.

La liste du parti Génération.s est sur la même longueur d’ondes. Rebaptisée « Pass liberté », la proposition consiste à garantir 1 an de mobilité pour tous les jeunes de 16 à 25 ans. Cette année permettrait de poursuivre une formation initiale, un apprentissage linguistique, professionnel ou encore un projet de reconversion, grâce à une bourse de 850 euros par mois pendant un an.

De son côté, La France insoumise affirme sa volonté d’accorder à chaque jeune européen entre 16 et 25 ans une allocation d’autonomie d’une durée d’un an « pour étudier, se former, travailler dans un autre pays européen ». Par ailleurs, la liste menée par Manon Aubry, 29 ans, propose d’élargir le programme à l’ensemble des pays francophones, y compris hors d’Europe.

Renforcer le dispositif existant

A trois semaines du scrutin, le parti présidentiel n’a pas encore publié son programme. Sur le plateau de France info télé, la tête de liste LREM Nathalie Loiseau a toutefois précisé le 4 avril dernier qu’elle souhaitait multiplier par cinq le nombre de bénéficiaires d’Erasmus en France, soit 40 000 par an contre 8 000 aujourd’hui. Cet effort concernerait en particulier les apprentis et les lycéens des lycées professionnels : « Certains partent quelques jours à l’étranger. Ce qu’il faut c’est qu’ils puissent partir longtemps et qu’il puissent revenir avec des certificats professionnels qui soient reconnus partout en Europe, sinon c’est pas la peine de voyager. » Côté chiffre, l’ancienne ministre de l’Europe s’est rangée derrière la proposition récente du Parlement européen : tripler le budget du programme.

Du côté des écologistes, le but est surtout de renforcer le dispositif existant, et de le renforcer beaucoup. Le programme de la liste Europe Ecologie — Les Verts prévoit de multiplier par dix les bénéficiaires, en l’élargissant de manière plus volontariste aux filières techniques et à l’apprentissage, et en y multipliant les stages et volontariats.

Un dispositif différent

Un « Erasmus 3.0 » universel. Derrière ce terme, le programme des Républicains annonce un rajeunissement : il s’agit de permettre à chaque jeune, dès le collège d’effectuer dans son parcours un trimestre ou un semestre éducatif, académique ou de formation professionnelle dans un autre pays européen. Les lycéens, apprentis ou en études supérieures seraient aussi concernés.

A noter que le Rassemblement national n’a pas formulé de proposition concrète pour la jeunesse, et n’évoque pas dans son programme le dispositif Erasmus.