Incidents à la Pitié-Salpêtrière : le scénario de « l’attaque » contredit

Des dizaines de manifestants ont pénétré dans l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière lors du défilé du 1er mai. L'incident qualifié d' « attaque » par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, est contesté et a suscité de vives critiques contre le gouvernement. 

La thèse de « l’attaque » de La Pitié-Salpêtrière est-elle en train de tomber à l’eau ? Après l’intrusion de dizaines de manifestants dans l’hôpital du XIIIe arrondissement mercredi 1er mai à Paris, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré le soir-même : « On a attaqué un hôpital ». Cette version a été contestée dès le lendemain par des témoignages et des vidéos visibles sur les réseaux sociaux.

Les vidéos que les médias Check news et Le Monde se sont procurées montrent des manifestants pénétrer dans l’enceinte de l’hôpital pour échapper aux gaz lacrymogènes, lancés par les forces de l’ordre. Ce qui infirme la thèse de l’attaque de black blocs et contredit aussi les propos du directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch. Dès le 1er mai au soir, il avait alerté sur « une tentative d’intrusion violente dans le service de réanimation chirurgicale » perpétrée par « une bande de manifestants/casseurs ».

« Des mecs ont commencé à pousser la grille pour que la chaîne cède, un est passé au-dessus et les a aidés. Ça s’est ouvert, on est rentrés pour se mettre à l’abri », confirme un journaliste du Figaro dans un thread sur Twitter.

Le parquet de Paris a indiqué jeudi 2 mai que les 32 gardes à vue ordonnées dans le cadre de l’enquête sur cette intrusion avaient été levées. Les investigations se poursuivent « afin de faire la lumière sur toutes les circonstances de l’intrusion au sein de l’établissement », a ajouté le parquet.

Le ministre de l’Intérieur a été vivement critiqué. Alors que l’opposition appelle Christophe Castaner à la démission, les membres du gouvernent volent à son secours. « Je trouve cette polémique révoltante », a réagi sur RTL le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education Gabriel Attal, avant d’ajouter « ce n’est pas acceptable d’entrer dans un hôpital en défonçant une grille ».

Christophe Castaner est revenu sur ses propos vendredi 3 mai, lors d’une conférence de presse à Toulon, et a concédé qu’il n’aurait « pas dû employer le mot “attaque” », mais est resté sur ses positions en parlant d’une « intrusion violente ».