Pitié‐Salpêtrière : Christophe Castaner sous pression

Les réactions indignées s’accumulent à l’encontre du ministre de l’intérieur qui a accusé à tort des manifestants d’avoir attaqué l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Un manqué de plus pour Christophe Castaner. Le ministre de l’Intérieur s’est empressé de dégainer, ce jeudi 2 mai, pour accuser les manifestants de la veille d’avoir pris d’assaut l’hôpital de la Pitié‐Salpêtrière. Une version manifestement précipitée : témoignages et vidéos appuient désormais le scénario d’une retraite désordonnée de manifestants assaillis de gaz lacrymogène, comme Christophe Castaner en a lui‐même convenu. Un rétropédalage embarrassant qui intervient au cours d’une séquence émaillée de précédents qui ont mis à mal l’exercice du premier flic de France.

Les attaques sont venues de tous les bords politiques. Ce vendredi 3 mai, Adrien Quatennens, député FI a déclaré sur BFMTV « Christophe Castaner doit partir, il n’est pas à la hauteur de sa fonction, il ne se comporte pas en homme d’État ». La veille, Jean‐Luc Mélenchon tempêtait sur France Info. « Monsieur Castaner est un menteur en plus d’être un incompétent (…) Le ministre a donc essayé d’instrumentaliser les journalistes et les plateaux de télévision pour leur faire croire quelque chose qui n’existait pas. Il n’y a jamais eu d’attaque », martèle le président de la France Insoumise (FI).

À droite, le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, pose le ministre devant ses responsabilités. « Le ministre de l’Intérieur doit cesser de mettre de l’huile sur le feu et doit maintenant s’expliquer sur ses déclarations démenties par les faits ».

Jeudi soir, lors d’un meeting à Bordeaux, le chef de file d’Europe-Ecologie les Verts, Yannick Jadot exige une enquête. « Je pense qu’il serait légitime qu’il y ait au moins une commission d’enquête parlementaire pour savoir si c’est lui qui se met en faute ou si c’est une politique beaucoup plus large, beaucoup plus délibérée, beaucoup plus systémique dont il n’est simplement aujourd’hui que le porte‐flingue », avance‐t‐il.

Les ministres à la rescousse

Christophe Castaner a réagi ce vendredi midi à la polémique. Le ministre a déclaré à Toulon, ce vendredi, entendre « le reproche sur le mot “attaque” » : « Je n’aurais pas dû l’employer, reconnaît‐il. Le terme “intrusion violente” est mieux adapté ».

https://twitter.com/BFMTV/status/1124251842131714048

Pour défendre le ministre de l’Intérieur, la majorité fait bloc, et déplore une controverse exagérée. « Je trouve cette polémique révoltante », déclare, sur RTL, Gabriel, Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation. « Tout ce temps perdu à alimenter une polémique pour faire l’exégèse du terme “attaque”… Ce n’est pas acceptable d’entrer dans un hôpital en défonçant une grille. Un hôpital n’est pas une zone de non‐droit, et je demande que les personnes qui essayent de détourner le débat en créant des polémiques puissent condamner ce qu’il s’est passé car, c’est condamnable », affirme‐t‐il.

Ce vendredi, Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, tente de relativiser l’ampleur de la fronde sur Sud Radio.  « J’ai une vie politique un tout petit peu ancienne, ce n’est pas la première fois que j’entends des appels à la démission du ministre de l’Intérieur, parce que le ministre de l’Intérieur, il a toujours un rôle difficile qui est le rôle de maintenir l’ordre ». Reste que le ministre n’est pas à sa première « castânerie ». Une expression déjà populaire chez ses détracteurs.