Le gouvernement et Emmanuel Macron en renfort pour la campagne des élections européennes

En baisse dans les sondages, Nathalie Loiseau pourra compter sur le soutien du premier ministre et du président avant le scrutin du 26 mai prochain.

Un soutien de poids attend la tête de liste En Marche aux élections européennes. Ce lundi, Edouard Philippe viendra prêter main forte à Nathalie Loiseau lors d’un meeting à Caen (Normandie). Le premier ministre sera accompagné de trois membres de son gouvernement : Sébastien Lecornu, Muriel Pénicaud et Gabriel Attal ainsi que d’un ancien ministre Stéphane Travert.

Un soutien bienvenu pour la tête de liste Nathalie Loiseau. « Ce n’est pas le départ en campagne du gouvernement mais le départ en campagne tout court », explique auprès de l’AFP le directeur de campagne Stéphane Séjourné. Jusqu’ici, la liste LREM aux européennes avait du mal à convaincre, minée par plusieurs polémiques comme celle au sujet de sa présence sur une liste d’extrême-droite lors de sa scolarité à Sciences Po. Plusieurs sondages récents estiment même le Rassemblement national fait désormais la course en tête, devant la République en marche. Ainsi, l’enquête réalisée par Ipsos‐Sopra‐Steria publiée le dimanche 5 mai donnait la liste LREM à 21,5% contre 22% pour le Rassemblement national. Ce qui serait un échec pour Nathalie Loiseau. L’ancienne ministre des Affaires Européennes le martèle : son objectif est d’arriver en tête.

L’omniprésence du président

En plus du gouvernement, le président de la République devrait aussi peser dans la campagne. Emmanuel Macron avait fait de l’Europe l’une de ses priorités en 2017. Ce premier scrutin, depuis son élection à la tête de l’État,  constitue un enjeu majeur. Il a donc prévu de s’y investir. « Je ne sais pas sous quelle forme mais je crois très profondément qu’il s’engagera dans cette campagne électorale », a ainsi assuré ce lundi 6 mai la porte‐parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur le plateau de France 2.

Le président est clairement mis en avant sur la profession de foi de la liste ‘Renaissance’, nom donné à la liste LREM. En bas du document, une photographie du président figure en bonne place. Emmanuel Macron, signe de ces mots : « Liberté. Protection. Progrès. Nous devons sur ces piliers bâtir une Renaissance européenne »

Sa présence lors de certains meetings est également évoquée. Cela constituerait une première lors d’une élection européennes depuis 2009 pour un président de la République. Cette année‐là, en mai, Nicolas Sarkozy avait participé à un meeting commun avec Angela Merkel à Berlin moins d’un mois avant les élections européennes. L’UMP était alors arrivée en tête avec 27,88%.

Période de réserve

Reste une question  : comment ne pas mélanger les moyens publics liés aux fonctions des membres de l’exécutif et le soutien à un candidat ? Depuis ce lundi, la classe politique est en période de « réserve » électorale : « il est d’usage que les membres du gouvernement s’abstiennent de se déplacer dans l’exercice de leur fonction », précise Edouard Philippe dans une circulaire signée de sa main, révélée ce lundi par Le Figaro. Les ministres peuvent participer à des meetings mais ces voyages doivent être intégralement financés par les fonds de campagne et non par les budgets du ministère. Ce qui ne devrait tout de même pas empêcher les ministres de prendre part à la campagne.