« Mobilisation générale » pour l’emploi et l’écologie : CFDT et Unsa saluent « un changement de méthode »

La réunion lancée par Matignon ce lundi a été qualifiée de « bon début » par l’Unsa, avec des « bons sujets » pour la CFDT. 

La CFDT et l’Unsa ont salué lundi un « changement de méthode »  à l’issue d’une réunion à Matignon entre exécutif, syndicats, patronat et associations d’élus, destinée à lancer la « mobilisation générale »  pour l’emploi et l’écologie. Cette réunion intervient à la suite du grand débat. Le gouvernement cherche à répondre à la crise sociale déclenchée avec le mouvement des « gilets jaunes », qui dure depuis plus de six mois. « [Ce changement de méthode du gouvernement] est clair, il est net », a estimé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

« C’est un bon début car on a le sentiment que l’on va pouvoir s’exprimer sur tous les sujets », a estimé Laurent Escure (Unsa). Mais le syndicaliste prévient : « on a dit au Premier ministre qu’il fallait des éléments concrets qui montrent que les discussions ont servi à quelque chose et que la parole des salariés a été entendue ».

« Que cela nous plaise ou non, il faut être là »

« Mon appréciation est simple, la porte est entrouverte et il faut mettre le pied dedans pour pousser nos sujets », considère Laurent Berger. Le syndicat a par exemple proposé un plan massif sur la rénovation thermique des logements. « Le Premier ministre a dit qu’il allait l’inscrire dans les sujets », rapport le secrétaire général de la CFDT. « Lorsqu’on est syndicaliste, que cela nous plaise ou non, […] il faut être là où un certain nombre de décisions peuvent être prises pour porter la voix des travailleurs », a‐t‐il insisté.

La CGT a annoncé ce matin son refus de participer à la réunion « dont les objectifs sont loin de correspondre au mécontentement et à la colère du monde du travail et de ceux qui en sont exclus ».

Michel Beaugas (FO), lui, n’a « pas vu » de changement de méthode. Il a regretté « le grand absent de la présentation initiale : l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat ». « Si le gouvernement […] obligeait le patronat et lui‐même en tant qu’employeur à relever les salaires, cela permettrait de résoudre des problèmes », a‐t‐il dit.

« Il faut que tout le monde se mette ensemble » 

Il a aussi souligné l’absence d’annonce sur la prime de transport. « Le Premier ministre nous a signifié qu’elle était encore à l’arbitrage. Nous voyons assez mal les salariés traités différemment selon telle ou telle région », a‐t‐il poursuivi, ajoutant : « nous voulons un socle obligatoire ».

Edouard Philippe a rappelé l’objectif de « nouvelle méthode » du gouvernement, qui associe les corps intermédiaires : «  il faut que tout le monde se mette ensemble pour trouver la solution concrète et pratique à un problème concret et pratique rencontré par les Français ».

Des problèmes parmi lesquels le Premier ministre a évoqué l’apprentissage, les freins au retour à l’emploi ou encore la transition écologique. « J’observe que tous les acteurs qui étaient là ce matin ont parfaitement conscience que seul, personne n’est capable de les régler », a‐t‐il ajouté.