Tunnel sous la Manche : une année compliquée à l’heure du Brexit

L'équipement sous-marin fête aujourd'hui ses 25 ans. L'année 2019 marque un tournant : le Brexit risque de ralentir les flux et d'entraver sa croissance économique.

Le 6 mai 1994, la Reine Elizabeth II et le président François Mitterand inauguraient le tunnel sous la Manche. Vingt‐cinq ans plus tard, alors que le Royaume‐Uni s’apprête à sortir de l’Union européenne le 31 octobre prochain,  la situation économique de l’infrastructure s’annonce compliquée pour les années à venir. Alors que les échanges commerciaux se faisaient selon les règles du libre‐échange et donc sans droits de douanes, le rétablissement des contrôles douaniers risquent d’allonger le traffic sous le tunnel et de ralentir son activité. « Hard Brexit » ou « Soft Brexit », peu importe : ce départ programmé du Royaume‐Uni de la communauté européenne n’arrange pas les affaires de l’entreprise Getlink (ex‐Eurotunnel), concessionnaire du tunnel sous la Manche.

Aujourd’hui, le tunnel joue un rôle essentiel dans le transport des biens, du fret et des passagers entre le continent européen, le Royaume‐Uni et l’Irlande. Selon un rapport de 2016, il génère près de 138 milliards d’euros d’échanges commerciaux. Et surtout, il représente aujourd’hui un quart du total des échanges entre le Royaume‐Uni et l’Union européenne. Chaque année, ce sont plus de 20 millions de passagers, 1,6 million de camions, 2,6 millions de voitures, et 1,7 milliard de tonnes‐kilomètres de fret entre le Royaume‐Uni et l’Europe continentale qui y transitent. 

Une sortie prévue de l’UE 

Pour se préparer au Brexit, Getlink a triplé la taille de son terminal français à Calais, dans le but d’accueillir un plus grand nombre de camions. L’entreprise a de plus réaménagé ses bâtiments pour accueillir plus de douaniers. Le groupe espère ainsi voir  le Royaume‐Uni adhérer à la Convention sur le transit commun, un accord de libre‐circulation, pour permettre de faciliter les contrôles douaniers vers l’UE. 

Dans une interview à RTL dimanche 5 mai, le patron d’Eurotunnel, Jacques Gounon, a assuré que le Brexit n’était « pas une inquiétude et que pour les passagers ça ne changera rien. On sait répondre techniquement au sujet » a t‐il affirmé. Une information cruciale pour l’avenir de l’espace Schengen sans le Royaume‐Uni.