Climat : les Etats‐Unis accusés d’avoir torpillé une déclaration du Conseil de l’Arctique

C’est la première fois que cettte instance de coopération régionale, qui réunit les pays de la région, ne parvient pas à s’accorder sur un communiqué final depuis sa création en 1996.

Les pays membres du Conseil de l’Arctique, constitué des pays ayant une partie de leur territoire en Arctique, ont échoué à rédiger leur traditionnelle déclaration finale à l’issue de leur réunion de mardi à Rovaniemi (Finlande). En cause : le refus des Etats‐Unis d’y mentionner le changement climatique, selon certains délégués.

Au début de la 11e réunion ministérielle de cette instance de coopération régionale, son président, le ministre finlandais des Affaires étrangères Timo Soini, a annoncé, sans explication, un changement de l’ordre du jour. La déclaration commune finale a été remplacée par des déclarations ministérielles séparées.

Ce changement illustre l’impossibilité des Etats membres à se mettre d’accord. Les Etats‐Unis refusent, seuls contre tous les autres, de mentionner le changement climatique dans le texte final, a annoncé l’AFP.

« Je ne veux pas blâmer qui que ce soit », a déclaré le chef de la diplomatie finlandaise Timo Soini lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion qu’il présidait. « Mais, bien sûr, il est clair que les questions climatiques sont différentes selon les points de vue et selon les capitales », a‐t‐il ajouté.

C’est la première fois que le Conseil de l’Arctique, créé en 1996, échoue à émettre une déclaration finale à l’issue de ses réunions ministérielles bisannuelles. Pourtant, le Conseil s’est fédéré autour d’un objectif commun de protection de l’environnement avec la signature en 1991 d’un traité de stratégie pour la protection de l’environnement arctique.

Un réchauffement climatique deux fois plus rapide

Depuis, ce forum intergouvernemental traite des problématiques rencontrées par les Etats membres du conseil : le Canada, le Danemark, les Etats‐Unis, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Suède et la Russie.

Dans un discours prononcé lundi, à Rovaniemi, à la veille de la réunion ministérielle, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’en était violemment pris à la Chine et à la Russie, dont il avait fustigé « l’attitude agressive » sur les terres arctiques.

Il n’avait en revanche pas mentionné une seule fois la formule « changement climatique » alors que, selon les scientifiques, le réchauffement climatique est deux fois plus rapide dans la région de l’Arctique que dans le reste du monde.