Européennes 2019 : l’écologie au coeur du programme de LREM

Parmi les points phares du programme de la majorité, un investissement d’ « au moins 1.000 milliards d'euros d'ici 2024 » pour le climat.

La liste macroniste « Renaissance » a rendu publique mercredi soir son projet européen pour les cinq prochaines années. Un programme dominé par l’ambition de relancer l’Union européenne, notamment à travers des mesures fortes pour l’écologie.

Parmi les mesures phares :

  • Un investissement d’ « au moins 1.000 milliards d’euros d’ici 2024 pour développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition ».
  • La création d’une « Banque du climat » pour orienter l’épargne européenne vers la croissance verte, comme Emmanuel Macron l’avait annoncé dans sa lettre aux Européens en mars dernier.
  • L’instauration d’une taxe carbone pour les produits importés en Europe.

LREM et ses alliés souhaitent affecter 40% des dépenses européennes à la transition écologique.

Autre cheval de bataille : la fiscalité européenne. Les eurodéputés de la République en marche porteront au parlement européen le projet d’une taxation européenne des grandes entreprises de l’économie numérique (plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires). Une mesure abandonnée il y a quelques mois, faute de consensus entre les 28 états membres de l’UE.

Sur le volet social, la liste LREM souhaite la mise en place d’un SMIC « adapté à chaque pays européen » et poursuivre la réforme du travail détaché. La réforme du droit d’asile et des flux migratoires est aussi un des objectifs européens du groupe macroniste. Il veut « harmoniser les critères de l’asile, augmenter les effectifs de garde‐frontières et de garde‐côtes, et  « sauvegarder » un espace Schengen dans lequel « chaque État devra participer à l’effort commun ». Reste à savoir comment la liste Renaissance emmenée par Nathalie Loiseau compte financer son projet européen.

L’opposition n’est pas convaincue

Pour François‐Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les européennes, le projet de LREM, « ne fera pas bouger les lignes du tout. On a le sentiment que La République en marche fait de la politique avec du marketing et qu’on s’adresse à des électorats en essayant de cibler les publics auxquels on va raconter exactement ce qu’ils ont envie d’entendre », a t‐il déploré sur Radio Classique.

Le chef de file des Républicains, Laurent Wauquiez a dénoncé « des oublis saisissants » dans le programme de LREM, devant la presse lors d’une visite à Reims. “Pas un mot dans le programme d’En Marche sur la question de l’islamisme intégriste. Pas un mot. Alors que pour nous, c’est une question essentielle, avec la question d’un pacte européen contre l’islamisme »  a poursuivi M. Wauquiez.

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les Européennes, a jugé jeudi « pas sérieux » le positionnement de la liste LREM et d’Emmanuel Macron sur l’écologie. Il a reproché au président d’ « oublier en permanence l’écologie », sauf quand « il s’agit de faire campagne » .

La tête de liste du RN pour les européennes, Jordan Bardella, a dénoncé « ce jeudi  la surenchère écologique» du programme de LREM « à quelques jours des élections européennes » . « Le budget annuel de l’UE, c’est 160 milliards d’euros (chiffre 2018, NDLR) (…) ça m’apparaît totalement délirant. » a t‐il déclaré sur LCI.

Face aux accusations d’opportunisme, Nathalie Loiseau a répondu sur France 2 que le gouvernement a déjà fait beaucoup sur l’écologie sur le plan national. (…) L’arrêt de l’exploitation des hydrocarbures, il n’y a qu’en France qu’on l’a fait, il faut que toute l’Europe le fasse; l’annonce de la fermeture des centrales à charbon, la France l’a fait, il faut que toute l’Europe le fasse », a‐t‐elle argumenté.

« Faux procès » , a rétorqué Pascal Canfin, numéro deux de la liste LREM, sur RTL : Emmanuel Macron a été « le premier chef d’Etat à dire que le climat, c’est plus important que le commerce », en étant « le premier au monde à refuser d’ouvrir des négociations avec les Etats‐Unis de Donald Trump » , qui ont quitté l’accord de Paris sur le climat, a argumenté l’ancien directeur général du WWF France.

Ce vendredi sur RTL, Adrien Quatennens, député LFI du Nord, a dénoncé « le programme de tartuffes de LREM  aux élections européennes et les « contradictions » de ce programme avec la politique d’Emmanuel Macron au plan national. Il dénonce « un virage vert de façade d’Emmanuel Macron » .

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