Qualité de vie des enfants : la Bretagne bonne élève, le centre de la France défavorisé

INFOGRAPHIE - Une étude publiée ce jeudi répertorie huit profils de territoires français qui influent sur la qualité de vie des enfants

Une étude recensant la qualité de vie des enfants en France a été publiée par la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) ce jeudi. Elle dresse huit profils fondés sur des critères bien précis pour catégoriser les 14 millions d’enfants de moins de dix‐huit ans en France. Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont analysé de façon simultanée une soixantaine d’indicateurs sur 3200 territoires, répartis en sept thèmes. Parmi ces thèmes, les conditions socio‐économiques et de logement, la santé, qui recouvre l’accès et le recours aux soins, ou encore l’accès à l’éducation et les résultats scolaires.

 

Cliquer pour zoomer — Carte réalisée par Thomas Despre

Les grandes métropoles de région favorisées

La qualité de vie des enfants varie d’un territoire à l’autre et témoigne d’une inégalité territoriale au sein de l’Hexagone. Pour détailler plus précisément le résultat de l’étude : le groupe 1 comprend les territoires bien équipés comme Lyon, Marseille, Bordeaux, Grenoble ou encore Toulouse. Il accueille des familles favorisées dont le niveau de vie atteint 1 890 euros par mois et par foyer et dont un quart des enfants ont au moins un parent cadre. En termes d’accessibilité, ces territoires bénéficient d’une bonne couverture en équipements et services : beaucoup de médecins et de pédiatres y sont présents, le nombre de places en crèche y est important et les temps de trajets pour se rendre dans les établissements scolaires sont courts. Enfin, pour ce qui est du niveau scolaire, les enfants de ce groupe sont ceux qui ont le moins souvent redoublé avant leur entrée en sixième et arrêtent le moins souvent l’école avant leur majorité.

La diagonale du vide en proie aux inégalités

A l’inverse, les territoires situés dans le groupe 6 par exemple, sont ceux dans lesquels vivent peu d’enfants et dont l’accessibilité aux services et aux équipements sont faibles. Il s’agit des communes placées sur une diagonale allant du nord‐est au sud‐ouest, mais aussi dans les Pyrénées et dans les Alpes. L’accessibilité aux soins y est plus limitée et les familles vivent plus souvent sous le seuil de bas revenus (soit 60% du revenu médian). Les niveaux de vie y sont donc plus faibles qu’ailleurs. Les temps d’accès aux collèges et lycées proches sont plus longs et les services médicaux peu nombreux. Enfin, du point de vue scolaire, bien que les enfants soient moins nombreux par classe, ils arrivent souvent en retard en sixième et arrêtent plus souvent leurs études avant 18 ans.

Des situations plus spécifiques

En plus de ces fortes disparités selon les territoires, certains groupes comme le groupe 7, composé de différentes villes, réunissent par exemple, des régions aux situations économiques très contrastées. En revanche, elles bénéficient de bons équipements. Le huitième groupe, qui est le dernier, englobe pour sa part les territoires de montagne aux situations économiques intermédiaires, marqués par un faible accès aux équipements. Même si les caractéristiques socio‐économiques sont proches de la moyenne de l’ensemble des territoires, les logements y sont le plus souvent suroccupés, et certains services et équipements sont peu accessibles. C’est notamment le cas de l’école maternelle. Enfin, c’est dans ces régions que le temps d’accès aux collègues et aux lycées est le plus élevé.

Irène Ahmadi