Glyphosate : le rapport parlementaire qui fait débat

Ce texte affirme qu’aucune étude scientifique ne prouve que cet herbicide est cancérigène. Un compte-rendu qui passe mal auprès des militants écologistes.

“Le glyphosate est moins cancérigène que la charcuterie ou la viande rouge”. Les premières conclusions du rapport parlementaire rendu public ce jeudi viennent de tomber. D’après l’étude menée par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), rien ne prouverait la dangerosité de l’herbicide.

Face aux détracteurs du glyphosate, le sénateur UDI et co‐rapporteur, Pierre Médevielle, parle d’une “névrose française” et d’un “climat d’hystérie”. De quoi faire bondir les défenseurs de l’environnement.

Côté politique, Mathieu Lorphelin, député du Maine‐et‐Loire et proche de Nicolas Hulot (ex‐LREM), et Eric Andrieu, eurodéputé socialiste, se sont fendus d’un tweet. Pour eux, le rapport ne fait que recycler l’argumentaire de Monsanto, producteur de glyphosate.

 

Un avis partagé par José Bové, du parti Europe Ecologie les Verts. “Les parlementaires ont repris le discours prémâché de Monsanto et la façon dont ils analysent les études scientifiques (…) ils oublient que le glyphosate ne s’analyse pas seul, mais avec ses adjuvants (…) c’est ce cocktail qui en fait sa dangerosité”, a‐t‐il affirmé au micro de France Inter.

Nathalie Loiseau, tête de liste LREM pour les européennes, y va même de sa petite phrase, qualifiant  d’un “peu léger” le rapport parlementaire. “Ce que je souhaite, c’est que nous ayons en Europe des agences d’évaluation des produits chimiques qui soient incontestables, indépendantes et totalement transparentes”, a‐t‐elle ajouté sur le plateau du Grand Jury. 

Du côté des ONG, même son de cloche. A l’instar de François Villerette, co‐fondateur de Générations Futures, qui dénonce une “contre‐vérité”, arguant que plusieurs expériences scientifiques effectuées sur des rats prouvent la dangerosité du glyphosate.

Ce rapport parlementaire intervient alors que le groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto depuis 2018, a présenté ses excuses après les révélations de plusieurs médias français. Un fichier secret, qui serait illégal, de 200 noms de journalistes, politiques, dirigeants d’organisations, professionnelles ou scientifiques aurait été constitué en novembre 2016 par Monsanto.