La filière viande en France vent debout contre un accord de l’UE avec le Mercosur

Ces négociations ouvrent à la voie à l'importation de produits sud-américains. Eleveurs, commerçants, abatteurs, transformateurs et distributeurs de viande estiment que la santé des consommateurs sera sacrifiée.

Nouveau point de friction au sujet d’un accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). La filière viande en France s’inquiète dans une lettre ouverte à la commission européenne que l’UE cesse de répondre aux «normes environnementales et sanitaires» en vigueur. Pour les éleveurs, commerçants, abatteurs, transformateurs et distributeurs de viande la santé des consommateurs» risque d’être sacrifiée.

Le président de l’Interprofession de la viande Interbev, Dominique Langlois craint par ailleurs que l’Europe envoie «signaux négatifs et contradictoires» sur la souveraineté alimentaire de l’Europe et la lutte contre le réchauffement climatique. 

«Un accord n’a jamais été aussi proche»

Il vise ainsi les quotas d’importation de viande bovine industrielle venant du Brésil et d’Argentine que l’UE serait forcée d’admettre en cas d’accord. Il fustige par ailleurs la «stigmatisation de la viande rouge» alors que la filière française des éleveurs bovins s’est engagée en faveur du «manger mieux».

Les négociations durent depuis vingt ans entre l’Union européenne et le Mercosur et un «accord n’a jamais été aussi proche» a annoncé le ministre du Commerce brésilien Lucas Ferraz le 8 mai dernier. Il a déclaré que la France ne bloquait plus l’ouverture de ses frontières aux produits sud‐américains. Ces derniers mois, les négociations s’étaient notamment heurtées au mécontentement des agriculteurs, inquiets de la concurrence déloyale.

Un accord de principe pourrait intervenir cette semaine, lors de négociations à Buenos Aires ou après les élections européennes. L’accord UE‐Mercosur serait le plus important jamais signé par les Européens.