Le Charles‐de‐Gaulle Express risque de ne pas voir le jour avant les JO 2024

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a évoqué ce lundi un délai « insoutenable » et s'est montrée favorable à une livraison fin 2025 de la liaison directe entre l'aéroport de Roissy et Paris.

Les touristes des Jeux Olympiques 2024 n’auront peut‐être la chance pas d’emprunter le Charles‐de‐Gaulle Express, censé relier l’aéroport de Roissy à la Gare de l’Est de Paris en une vingtaine de minutes. Le préfet de région, Michel Cadot, a officiellement présenté ce lundi deux scénarios alternatifs au calendrier initial du Charles‐de‐Gaulle Express. Le représentant de l’Etat dans le projet a été auditionné par le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités, l’autorité qui gère et finance les transports dans la région.

Ce projet de liaison directe devait initialement voir le jour fin 2023, pour être plus largement utilisé durant l’été 2024. Un délai « radicalement intenable » selon la présidente de la région Île‐de‐France, Valérie Pécresse.

Scénario 1 : des travaux bouclés à temps

Le premier scénario proposé ce lundi par Michel Cadot suppose une fin des travaux en mai 2024. Mais cela impliquerait de longues interruptions de la portion Nord du RER B en 2022 et 2023 : trois semaines, chaque été. «Et l’exploitation restera perturbée sur les transports du quotidien pendant dix‐huit mois après sa mise en service», a précisé le préfet, avec un trafic réduit jusqu’en 2025 pour finaliser les travaux. Le Charles‐De‐Gaulle Express empruntera des voies parallèles au RER B sur 24 km environ. 

Si ce scénario a le mérite de garantir des travaux finis à temps pour les Jeux Olympiques, les conséquences sur le confort des usagers s’annoncent lourdes. Interrompre la circulation du RER B Nord reviendrait à transporter entre 200 000 et 300 000 personnes en bus, chaque jour, soit un car toutes les deux minutes aux heures de pointe. Ce type de solution risque d’affecter les usagers de la ligne, censés être prioritaires dans les travaux du Charles‐de‐Gaulle Express. D’autant que d’après Le Moniteur, 15 chantiers importants sont prévus dans cette zone, notamment pour l’aménagement du Grand Paris Express

Le groupe ADP, gestionnaire des aéroports de Paris, la Délégation interministérielle aux jeux Olympiques et Paralympiques (Dijop), et la société de projet CDG Express se sont prononcés en faveur de ce scénario.

Scénario 2 : une livraison en 2025

Pour ménager les voyageurs du RER B, il serait aussi possible de reporter la fin des travaux à décembre 2025. «Moins contraignant, il entraînerait moins de tensions et moins de coupures», a détaillé Michel Cadot. Les fermetures de lignes auraient donc lieu plus régulièrement mais moins longtemps et durant des périodes de plus faible fréquentation, comme les week‐ends.

Ce scénario aurait un surcoût « important », qui obligerait l’État à augmenter son prêt au concessionnaire et « aurait un impact plus marqué sur le tarif de la taxe pour les voyageurs aériens » qui doit en partie financer le CDG Express, selon le rapport du préfet.

Valérie Pécresse favorable à un report à décembre 2025

La présidente de la région Île‐de‐France se dit favorable à une mise en place de la liaison directe en décembre 2025, pour améliorer les transports du quotidien en priorité. Pour les Jeux Olympiques, Valérie Pécresse propose que soit mis en place plus de RER directs entre Roissy et Paris, via La Bourget ou La Plaine Stade de France. « Un compromis acceptable », selon elle. 

L’élue Les Républicains met en garde le gouvernement qui pourrait, selon elle, prendre une « décision perdant‐perdant avec l’assurance de ne pas tenir l’échéance des JO, compte‐tenu du planning extrêmement tendu et la dégradation inacceptable des conditions de transport des Franciliens ».

Île‐de‐France Mobilité envisage aussi la création d’un fonds d’indemnisation pour les passagers du RER B, si le chantier du CDG Express cause des problèmes de circulation. Ce train a déjà « une ponctualité calamiteuse » selon Valérie Pécresse, c’est la « ligne la plus en retard » de la région.

La région Hauts‐de‐France, Ile‐de‐France Mobilités, la ville de Paris, la Seine‐Saint‐Denis et le Val‐de‐Marne préfèrent elles aussi attendre fin 2025. La décision finale reviendra au gouvernement. Edouard Philippe devrait s’exprimer à ce sujet dans les prochains jours.

 

Crédits image : ©CDG Express