Avant l’été, les nappes phréatiques manquent déjà d’eau

L'hiver et le printemps ont été plutôt secs, laissant présager une sécheresse dans certaines régions françaises.

L’été n’a pas encore commencé, et pourtant la sécheresse inquiète déjà le gouvernement. Mardi, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a réuni le comité de l’eau pour faire un point sur la gestion des ressources.

L’hiver et le printemps n’ont pas été très pluvieux sur une bonne partie du territoire : «L’hiver a été plus sec que la normale, nous confirme Joris Vallon, prévisionniste à Météo France. Il y a surtout eu un grave manque d’eau cet hiver dans le sud de la France et du côté golfe du Lion, en montant dans la vallée du Rhône». D’après le spécialiste, le printemps n’a pas été beaucoup plus généreux, ne permettant pas d’améliorer la situation.

Les récentes précipitations restent encore insuffisantes : «Il faudrait que cela soit sur une durée plus longue. De plus, la floraison et la végétation se réveillent à cette saison et pompent toute l’eau». Conséquence : les nappes phréatiques sont déjà à un niveau inférieur à la normale, avant même les périodes de grosses chaleurs.

Certains départements comme l’Indre, le Rhône ou l’Isère ont ainsi pris des mesures dès la fin du mois d’avril. La secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, a annoncé mardi 15 mai qu’onze départements au total seraient en état d’alerte. Les communes ont par exemple l’interdiction d’arroser les pelouses et les particuliers de remplir leur piscine ou de laver leur voiture. «Il y a certains conseils classiques pour faire attention à sa consommation d’eau, rappelle Joris Vallon. Prendre des douches plus courtes, réduire la fréquence d’utilisation du lave‐vaisselle ou du lave‐linge… Si on a la possibilité d’installer un récupérateur d’eau de pluie, cela peut permettre d’arroser ses plantes.»

Les prévisions actuelles n’annoncent pas d’amélioration. Les trois prochains mois devraient être encore plus secs que la normale. Joris Vallon prévient : «Les zones arrosées pourraient perdre en eau, et les zones déjà sèches pourraient être encore plus en danger». Les trois quarts des départements français avaient souffert de la sécheresse en 2018. Cette année pourrait connaître le même scénario.